LIVRE XI
ct)nvoquèrent dans la salle de conseil, ou le husting, n96 comme, on disait en langue saxonne , les principaux citoyens de la ville, pour délibérer, non sur le vote de l'impôt, mais simplement sur sa répartition entre les contribuables ^ Dans cette assemblée, composée en majorité d'Anglais indigènes, se trouvait un certain nombre d'hommes de race normande, angevine ou française, dont les ancêtres, venus en Angleterre au temps de la conquête , s'étaient livrés au commerce ou avaient exercé quelque métier. Soit à cause de leur descendance étrangère , soit à cause de leurs richesses, les bourgeois de cette classe formaient à Londres une sorte de parti dominant ; ils maîtrisaient les délibérations du conseil, et, le plus souvent, réduisaient au silence les Anglais, que l'habitude d'être opprimés rendait timides et circonspects.
Mais il y avait alors dans la classe des indigènes un homme d'un caractère bien différent, vieux patriote saxon, qui laissait croître sa barbe , pour ne pas ressembler aux fils des étrangers-. Il se nommait Guillaume ou William , suivant la prononciation anglaise, et jouissait dans la ville d'une grande considération, à cause de son zèle à défendre par toutes les voies légales ceux de ses concitoyens qui
1. Excellentiores civium... in siio Imstingo... (Matth. Paris, t. I, p. 181.) — HuS; maison; ting, affaire, jugement, conseil. — Distributionera munerum subeundorum. (Radulf. de Diceto Imag. histor., apud Hist. anglic. Script., t. I, col. 691, éd. Selden.)
2. Mattb. Paris, t. I, p. 181. — Mattli. Westmonast. Flor. histor., p. 260.