LIVRE XI
en prison*. Ces actes de violence causèrent une ii^e grande fermentation dans la ville, et les plus pauvres d'entre les citoyens, par un instinct naturel aux hommes de tous les temps, formèrent une association pour leur défense mutuelle. William à la longue barbe était l'âme et le chef de cette société secrète, dans laquelle s'engagèrent, disent plusieurs historiens du temps, plus de cinquante mille personnes^. On rassembla des armes telles que des bourgeois demi-serfs pouvaient s'en procurer au moyen âge, des bâtons ferrés, des haches et des leviers de fer pour attaquer, si l'on en venait aux mains, les maisons fortes des Normands ^.
Entraînés par un besoin naturel de se communiquer leurs sentiments et de s'encourager les uns les autres, les pauvres de Londres se réunirent plusieurs fois et tinrent des espèces de conciliabules ou de clubs en plein air, sur les places et dans les marchés^. Dans ces assemblées tumultueuses, William portait la parole et recueillait des applaudissements dont il s'enivra trop peut-être, et qui lui firent négliger le moment d'agir et de frapper un grand coup dans l'intérêt de ceux qu'il voulait rendre redou-
1. Apud niindinas de Standford capti sunt quidam mercatores de pleLe londoniens!. (Roger, de Hoved. Annal., pars posterior, apud Ber. an'jîic Script,, p. 765, éd. Savile.)
2. Facta igitur Lundoniis tanquam zelo pauperum contra insolentias potentum conjuratio valida ; fuisse autem fertur conjuratorum civiura numerus, ascriptis, ut postea claruit, pênes ipsum Willelînum... nominibiis singulorura, lu miJlia. (Guilielm. Neubrig. de Reb. anglic., p. 561^ éd. Hearne.)
3. Ferramentormn quoque ingens copia ad efFringendas doraos munitiores prœparata. (Ibid.)