‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 3)Chapitre 42 sur 155 · CU.NQLKTH DE I.A.M.LET ER KE · texte numérisé non relu

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î'insiiltaient sans ménagement, que leur arrogance n'avait pas de bornes, qu'on démêlait en eux l'ambition de régner à sa place et le projet de le trahir. Mais, pendant que ces accusations avaient cours dans le palais du roi, dans les réunions populaires on jugeait tout autrement le caractère et la conduite du chef saxon et de ses fils, d Est-il étonnant, di- « sait-on, que l'auteur et le soutien du règne d'Edward s'indigne de « voir élever au-dessus de lui des hommes nouveaux et de nation « étrangère? Et pourtant, jamais il ne lui arrive de proférer un mot d'in- < jure contre Thomme que lui-même a fait roi. » On qualifiait les favoris normands des noms de délateurs infâmes, d'artisans de discorde et de trouble et l'on souhaitait longue vie au grand chef, au chef magnanime sur terre et sur mer. On maudissait le fatal mariage d'Ethelred avec une femme normande, celte union contractée pour sauver le pays d'une invasion étrangère, et de laquelle résultait maintenant une nouvelle invasion et comme une nouvelle conquête, sous le masque de la paix et de l'amitié.

La trace et peut-être même l'expression de ces plaintes nationales se retrouvent dans quelques mots bizarrement énergiques d'un historien postérieur d'un siècle, il est vrai, mais imbu de traditions populaires : « Il semble, dit-il, que Dieu tout-puissant, pour punir la nation an- « glaise, se soit proposé un double plan de destruction et qu'il ait dressé (! contre elle une sorte d'embuscade militaire ; car, d'un côté, s'est dé- « chaînée l'irruption danoise, de l'autre s'est ourdie la trame des in- « trigues normandes, afin que si la nation échappait aux coups de fonce dre des Danois, l'astuce des Normands forts et braves aussi vînt la « surprendre. »

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