‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 117 sur 269 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

vinrent des commissaires royaux, qui enlevèrent du 1072 couvent d'Ely tous les objets de quelque valeur, et lo^s firent un recensement des terres de Tabbaye, afin de les partager en fiefs ^ Les moines se répandirent en plaintes qui ne furent écoutées de personne ; ils invoquèrent la pitié pour leur église, autrefois la plus belle, disaient-ils, entre les filles de Jérusalem, maintenant soufî'rante et opprimée-. Mais pas une larme ne coula, pas une main ne s'arma pour leur cause.

Après l'entière défaite et la dispersion des réfu- 1072 giés de l'île d'Ely, l'armée normande de terre et de mer se dirigea vers les provinces du nord pour y faire en quelque sorte une battue, et empêcher qu'il ne s'y formât de nouveaux rassemblements. Passant pour la première fois la Tweed, elle entra sur le territoire d'Ecosse, afin d'y saisir tous les émigrés anglais, et d'efî'rayer le roi Malcolm, qui, à leur sollicitation, avait fait dans la même année une incursion hostile en Northumberland ^. Les émigrés échappèrent à cette poursuite, et le roi d'Ecosse ne les livra point aux Normands ; mais, intimidé par la présence de troupes plus régulières et mieux armées que les siennes, il vint à la rencontre du roi Guil-

1. Quidquid optimum in ornamentis et in rébus aliis... quœcunque bona ac prgedia ecclesiœ suis militibus divisit. (Thomse Eliensis Hist. eliensis; Anglia sacra, i I, p. 610.)

2. Quondam faraosissima, inter filias Jérusalem speciosa... calaniitatis nunc oppressa amaritudine. (Hist. eliensis, apud Rer. anglic. Script., t. III, p. 501, éd. Gale.)

3. Credens aliquos ibidem de hostibus suis indomitis et profugis^ pênes regem vel suos delituisse. (Mattli. Westmonast. Flor. histor,, p. 227.) -- Matth. Paris., t. 1, p. 7.

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