‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 138 sur 269 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

il avait fait des visites pastorales et proclamé les 1075 amnisties du roi dans les provinces encore mal paci- 10*76 fiées * : il avait marché en personne contre Roger de Hereford, au passage de la Saverne; mais il était de race anglaise : son jour vint comme était venu celui des autres.

Dans l'année 1076, Wulfstan fut cité devant un 1070 concile d'évêques et de seigneurs normands , réunis dans l'église de Westminster, et présidés par le roi Guillaume et par l'archevêque Lanfranc. L'assemblée déclara unanimement que le prélat saxon était incapable d'exercer en Angleterre les fonctions épiscopales, attendu qu'il ne savait pas parler français^. En vertu de cet arrêt bizarre, le roi et l'archevêque ordonnèrent au condamné de rendre le bâton et l'anneau ^ insignes de sa dignité. L'étonnement et l'indignation d'être si mal récompensé inspirèrent à Wulfstan une énergie toute nouvelle pour lui ; il se leva, et, tenant à la main son bâton pastoral, marcha droit au tombeau du roi Edward, enterré dans l'église ; là, s'arrêtant et s'adressant au mort en langue anglaise : « Edward, dit-il, c'est toi qui m'as « donné ce bâton ; c'est à toi que je le rends et le confie'*. » Puis, se tournant vers les Normands :

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