‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 151 sur 269 · LIVRE VI 2H · texte numérisé non relu

LIVRE VI 2H

langue française, prescrivaient à tout habitant des loso villes et des bourgs d'Angleterre de traquer l'homme mis hors la loi, l'homme des forêts, comme un loup ^ , de le poursuivre, de canton en canton, par la huée et par le cri ^ , il circulait des chansons anglaises en l'honneur de cet ennemi du pouvoir étranger, qui avait, disait-on, pour trésor la bourse des comtes, et pour troupeaux les daims du roi. Les poëtes populaires célébraient ses victoires, ses combats, ses stratagèmes contre les agents de l'autorité. On chantait comment il avait lassé à la course les gens et les chevaux du vicomte, comment il avait pris l'évêque, l'avait rançonné à mille marcs, et forcé d'exécuter un pas de danse dans ses habits pontificaux '.

L'évêque normand Eudes de Bajeux, après son loso expédition dans le Northumberland, devint fameux »"82 parmi les siens, comme l'un des plus grands dompteurs d'Anglais*; il était chef des juges, ou grand justicier de toute l'Angleterre, comte de Kent et de Hereford, depuis l'emprisonnement de Roger, fils de Guillaume fils d'Osbern. Le renom dont il jouissait l'enorgueillit, et le pouvoir qu'il exerçait en Angleterre et en Normandie excita en lui l'ambition de la plus grande puissance qu'il j eût alors, de la puissance papale. Des devins italiens avaient pré-

1. Les Normands employaient quelquefois le mot saxon francisé ittlages, et quelquefois celui de forestiers.

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