LIVRE VI
« frère *. » Personne n'osa répondre. « Qu'on l'ar- loso « rête donc, reprit Guillaume, et qu'on l'enferme 10*82 « sous bonne garde *. » Aucun des assistants n'osa mettre la main sur l'évêque. Alors le roi s'avança et le saisit par ses vêtements. « Je suis clerc, s'écria a Eudes, je suis ministre du Seigneur : le pape seul « a droit de me juger 3. » Mais Guillaume, sans lâcher prise, répondit : « Ce n'est point un clerc que je «juge; c'est mon comte et mon vassal que j'ar- « rête *. » Le frère du vainqueur des Anglais fut conduit en Normandie et emprisonné dans une forteresse, peut-être dans celle où languissait encore Wulfnoth, le frère du roi Harold, dont le sort était maintenant pareil au sien, après quinze ans d'une fortune si différente ^.
Les reproches du roi à l'évêque sur sa conduite dans le nord de l'Angleterre, s'ils ne sont pas une invention de l'ancien historien, semblent déceler quelques craintes d'un nouveau soulèvement de ceux qui avaient tué Robert Comine, repris la ville d'York, massacré l'évêque Vaulcher, et qui couraient avec joie à la rencontre de tout ennemi des Normands qui venait descendre sur leurs côtes. Cette crainte n'était pas entièrement vaine ; car plus d'une révolte éclata dans le voisinage de Durham, sous répiscopat de Guillaume, successeur du Lor-
1. « Considerate... » (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast.^ lib. VII, apud Scripl. rer. normann., p. 647.)
2. « Comprehendite... et... solerter custodite. » (Ibid., p. 646.)