‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 199 sur 269 · Florent. Wigorn. Chron., p · texte numérisé non relu

Florent. Wigorn. Chron., p

capituler, sous la condition de reconnaître Guillaume pour roi et de garder sous lui leurs terres et leurs honneurs *. Guillaume refusa d'abord; mais les Normands de son armée ne portant pas le même zèle que les Saxons dans cette guerre qui était pour eux une guerre civile, et ne se souciant point de réduire aux dernières extrémités leurs concitoyens et leurs parents, trouvèrent le roi trop acharné contre les défenseurs de Rochester^ Ils essayèrent de l'apaiser : «Nous qui t'avons assisté dans le danger, a lui disaient-ils, nous te prions d'épargner nos com- « patriotes, nos parents , qui sont aussi les tiens, et « qui ont aidé ton père à conquérir l'Angleterre^.» Le roi se laissa fléchir, et accorda enfin aux assiégés la libre sortie de la ville avec leurs armes et leurs chevaux. L'évêque Eudes essaya d'obtenir, en outre, que la musique militaire du roi ne jouât pas en signe de victoire à la sortie de la garnison *; mais Guillaume refusa avec colère, et dit tout haut qu'il ne ferait pas cette concession pour mille marcs d'or ^. Les Normands du parti de Robert quittèrent la ville qu'ils n'avaient pu défendre, les enseignes basses, au son des trompettes du roi. Dans ce moment, de grandes clameurs partirent du milieu des Anglais

1. Orderic. VitaL Hist. ecclesiast., lib. VIII, apud Script, rer. normann., p. 667.

2. Videntes autem ii qui obsidebant... ad necem parentum et amicorum qui obsessi erant tam valide régis animum furere. (Ibid.)

3. « Nos... qui tecum maximis in periculis sicut cum pâtre tuo perstitimus, nunc tibi... pro compatriotis nostris obnixe supplicamus. » (Ibid., p. 668.)

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