‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 206 sur 269 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

mands marchaient à l'autel, comme les comtes à io89 leurs revues de gens d'armes, entre deux haies de 1094 lances; ils passaient le jour à jouer aux dés, à galoper et à boire K L'un d'entre eux, dans un accès de gaieté, fit préparer à des moines saxons, dans la grande salle de leur couvent, un repas où il les força de manger des mets défendus par leur ordre, et servis par des femmes échevelées et à demi nues -. Ceux des Anglais qui, à cette vue, voulurent se retirer, ou simplement détourner les yeux, furent maltraités et appelés hypocrites par le prélat normand et ses amis ^

Contre de pareils adversaires, les débris du clergé anglo-saxon ne purent soutenir un long combat. Chaque jour l'âge et la persécution enlevaient quelqu'un des anciens religieux ou prêtres; la résistance, d'abord énergique, s'éteignait par degrés*. C'était d'ailleurs, pour tout couvent d'Angleterre, un titre à la haine et aux vexations des grands, que d'être encore peuplé en majorité d'hommes de race anglaise. C'est ce qu'éprouva, sous le règne de Guil-

1. Nec etiam pompani Normannorum omittebat quin stipatus militibus incederet quotidie ad missam. (Henrici Knyghton, de Event. angl., lib. II, apud Hist. anglic. Script., t. 11^ col. 2367, éd. Selden.) — Omnes fere tune temporis in Anglia monachi, secularibus haud absimiles... venari, aucupari, tesseras quatere, potibus indulgere consueverunt, ut majus illos consules^ quam monachos, pro famulorum frequentia putares. (Ibid., col. 2362.)

2. Cibos vetitos publiée apposuit.. mulieres vultu et veste procaces, sparsis post tergum crinibus^ ministrare constituit. (Ibid., col. 2372.)

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