LIVRE VII
royaux étaient pires que des voleurs, ce sont les 1095 paroles mêmes des chroniques; ils pillaient sans mi- io98 séricorde les greniers des laboureurs et les magasins des marchands ^ A Oxford commandait Robert d'Ouillj, qui n'épargnait ni pauvres ni riches ; dans le nord Odineau d'Omfreville saisissait les biens des Anglais de son voisinage, afin de les contraindre à venir tailler et voiturer des pierres pour la construction de son château^. Près de Londres, le roi levait aussi par force des troupes d'hommes pour construire une nouvelle enceinte à la tour du Conquérant, un pont sur la Tamise, et à l'ouest de la cité un palais ou une cour d'audiences pour les assemblées de ses barons^. «Les provinces auxquelles ces travaux « échurent, dit une chronique saxonne, furent cruel- « lement tourmentées ; chaque année qui s'écoulait «était pesante et pleine de douleurs, à cause des « vexations sans nombre et des tributs multipliés \ »
Des historiens moins laconiques nous ont transmis io98 quelques détails sur ces douleurs et cq^ tourments (\\jiQ noo souffrait la nation subjuguée. Partout où le roi passait dans ses courses à travers l'Angleterre, ses gens et les soldats de sa suite avaient coutume de ravager le pays^ Lorsqu'ils ne pouvaient consommer en
1. Latronibns pejoves, agricolarum acevvos ac negociatorura congeries immisericorditer diripiebant. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., ]ib. X, apud Script, rer. normann,, p. 773.)
2. ... Ut eos compelleret venire ad {edificatiouem castelli. (Lelandi Collecianea, t. IV, p. 116.)