Illudque sua lingua Malveisin vocavit. (Ibid
1095 Les biens de ces bannis, dans les villes et hors des 1098 villes, restèrent quelque temps sans maîtres et sans culture. Il paraît que les favoris du roi les laissèrent en friche, après en avoir enlevé tout ce qui avait quelque valeur, se souciant peu d'une possession que son origine et l'incertitude des événements politiques rendaient trop précaire. De leur côté, les officiers royaux, pour que l'échiquier ne perdît rien de ses revenus, continuèrent de lever , sur la ville ou le canton dont les biens vacants dépendaient, la totalité de l'impôt territorial, et cette surcharge tomba spécialement sur les hommes de race anglaise*. Le peuple de Colchester, suivant un ancien récit, ren- /' dit de grandes actions de grâces à Eudes, fils d'Hu- \ bert, vicomte ou gouverneur de la ville, qui avait pris sous son nom les terres des Normands déshérités, et consenti à satisfaire, pour ces terres, aux demandes du fisc^ Si l'on en croit le même récit, le Normand Eudes se faisait aimer des habitants de Colchester par son administration équitable et modérée^. C'est le seul chef imposé aux Anglais par la puissance étrangère, dont l'histoire porte un semblable témoignage.
Cette exception à la loi de la conquête ne s'étendait guère au delà d'une seule ville ; partout ailleurs les choses suivaient leur cours, et les officiers
1. Terras damnatoruni... et pro culpis eliminatorum dum nemo coleret... exigebantur tamen plenaliter tiscalia, et hac de causa populus valde gravabatur. (Monast. anglic, Dugdale, t. II, p. 890.)
2. lias ergo terras Eudo sibi vindicavit, ut pro bis fisco satisfaceret, et popnlum eatenus alleviaret. (Ibid.)
3. Sublevare gravâtes, comprimere elatos, et in suis primordiis omnibus complacere. (Ibid.)