LIVRE VII
une femme saxonne, et malgré le sobriquet saxon nos que lui donnaient les chefs normands, il était Normand dans le cœur. Son ministre favori, le comte de i Meulan, se faisait remarquer, entre tous les autres / dignitaires étrangers, par sa haine contre les indigènes *. Il est vrai que la voix populaire surnommait Mathilde la bonne reine; elle conseillait, disait-on, au roi d'aimer le peuple ; mais les faits ne révèlent aucune trace de ces conseils ni de son influence^. Voici comment la chronique saxonne du monastère de Peterborough prélude au récit des événements qui suivirent le mariage si désiré de Henri et de la nièce d'Edgar : « Ce n'est pas chose facile que de « raconter toutes les misères dont le pays fut c( affligé, cette année, par les tributs injustes et sans « cesse renouvelés. Partout où voyagea le roi, les « gens de sa suite vexèrent le pauvre peuple, et com- « mirent en plusieurs lieux des meurtres et des in- « cendies ^ . . » Chaque année qui succède à l'autre dans la série chronologique est marquée par la répétition des mêmes plaintes, énoncées à peu près dans les mêmes termes, et cette monotonie donne une couleur plus sombre au récit... « L'année llOo fut 1105 « grandement malheureuse, à cause de la perte des
1. Pra-fatus cornes nec Anglos diligere... (Eadmeri Hist. nov , p. 94, éd. Selden.)