LIVRE VII
tice, et l'on confisquait leurs biens*. «Beaucoup de nos «personnes, dit un contemporain, ne trouveraient « rien de nouveau dans ces griefs, sachant qu'ils « existèrent durant tout le règne de Guillaume, frère « du roi actuel, pour ne pas parler de ce qui se passa « du temps de leur père. Mais, de nos jours, il y « avait un motif pour que ces vexations, déjà ancien- « nés, fussent encore plus dures et plus insuppor- « tables : c'est qu'elles s'adressaient à un peuple dé- « pouillé de tout, entièrement ruiné, et contre lequel « on s'irritait de ce qu'il n'avait plus rien à per- « dre^. » Un autre écrivain de l'époque raconte que des troupes de laboureurs venaient au palais du roi ou sur son passage, et jetaient devant lui leurs socs de charrue, en signe de détresse, et comme pour déclarer qu'ils renonçaient à cultiver leur terre natale ^
Le roi partit pour la Normandie , vainquit le duc Robert, et le fit prisonnier, avec ses amis les plus fidèles, dans une bataille livrée près du château de Tinchebray, à trois lieues de Mortain. Un incident remarquable de cette victoire, c'est que le roi saxon Edgar se trouva parmi les prisonniers ^. Après avoir renoncé à ses anciennes espérances pour son pays et pour lui-même, il était allé s'établir en Normandie,
1. Aliis atque aliis miserabilibiis modis affligi et cruciari... Nova et excogitata forisfacta objiciebantur... (Eadmeri flist. nov,, p. 83, éd. Selden.)