LIVRE IV
qu'on appelait aussi erse, c'est-à-dire irlandaise V, et 842 des hommes issus de colonies teutoniques ou scandi - loss naves, dont l'idioiûe était à la fois intelligible pour les Danois et les Anglais. Cette population, la plus voisine de l'Angleterre, bien que appelée écossaise par les Anglais, avait beaucoup plus d'affinité avec ce dernier peuple (à cause de la ressemblance des langues et de la communauté d'origine) qu'avec les Écossais de race gallique. Ces derniers, qui joignaient à une fierté un peu sauvage des habitudes d'indépendance provenant de leur organisation en clans ou en tribus séparées, étaient souvent en querelle avec la population mélangée des plaines du sud, et même avec les rois d'Ecosse. Les rois trouvaient presque toujours les Écossais méridionaux disposés à les servir dans leurs projets contre la liberté des clans; et ainsi l'inimitié instinctive de ces deux races d'hommes, fruit de la diversité d'origine et de langage, tournait au profit du despotisme royal. Cette expérience, faite plus d'une fois par les successeurs de Kenneth, fils d'Alpin, excita en eux une grande affection pour les habitants des basses terres d'Ecosse ^ et en général pour les hommes d'origine anglaise; ils préféraient ces étrangers aux hommes issus des mêmes ancêtres qu'eux ; ils favorisaient de tout leur pouvoir les Écossais de nom aux dépens des Écossais de race, et recevaient avec une bienveillance empressée tous les émigrants d'Angleterre.