LIVRE IV
«porte ce qu'ils disent? répondit Robert Comine; io69 «ils ne m'attaqueront pas, aucun d'eux ne l'ose- « rait K » Les Normands entrèrent dans Durham et j massacrèrent quelques hommes inoffensifs, comme pour défier les Anglais - ; les soldats campèrent sur les places, et leur chef prit pour quartier la maison . de l'évêque.
La nuit vint, et alors les habitants des rives de la Tyne allumèrent, sur toutes les hauteurs, des feux qui leur servaient de signaux; ils se rassemblèrent en grand nombre et firent diligence vers Durham. Au point du jour, ils étaient arrivés devant les portes , qu'ils forcèrent, et les Normands furent assaillis de toutes parts, au milieu des rues, dont ils ignoraient les détours ^ Ils cherchèrent à se rallier dans la maison épiscopale, où était le logement de leur comte ; ils y firent des barricades, et la défendirent quelque temps, tirant leurs flèches d'en haut sur les Saxons. Mais ceux-ci terminèrent le combat en mettant le feu à la maison, qui fut brûlée tout entière avec les hommes qui s'y étaient renfermés ^. Robert
1. Cui appropinquauti dunelmensis episcopus Agelwiuus occurreus, insidias sibi prœcavere praeinonuit ; sed ille neminem hoc audere aestimans despexit ammonentem. (Simeon. Duuelrn. Hist., col. 198, éd. Seïden.) — At illi omnes in unam coacti sententiam ne alienigenœ dorainio subderentui', statuerunt aut illum interiicere aut ipsi simul omnes in ore gladii cadere. (Ibid.)
2. Permisit suos hostiliter ubique agei*e, occisis etiam nonnullis ecclesiiB rusticis. (Ibid.)
3. At Northymbri tota nocte festinantcs, Dunelraum sumnia vi diluculo per poi-tas irrumpunt, et socios comitis imparatos ubique locorum interficiunt. (Ibid.)
4. Sed cum nec ferrent jacula defeiidentium^ donium cum inliabitantibus concremaverunt. (Ibid.)
1069 Comine fut du nombre. Il avait amené avec lui sept cents cavaliers complètement armés; mais on ne sait pas au juste combien de gens de service et de fantassins les accompagnaient '. Cette terrible défaite produisit une telle impression sur les Normands, que des troupes nombreuses, envoyées pour tirer vengeance du massacre, s'avancèrent jusqu'à Elfertun, aujourd'hui Northallerton , à égale distance d'York et de Durham, et qu'arrivées à ce point, elles reculèrent, saisies d'une terreur panique. Le bruit courut qu'elles s'étaient trouvées dans une obscurité complète et contraintes de retourner en arrière par la puissance d'un saint nommé Cuthbert, qui était le patron du pays et dont le corps reposait à Durham^. LesNorthumbriens, qui remportèrent cette grande victoire, étaient fils d'anciens colons danois, et il n'avait point cessé d'exister entre eux et la population du Danemark des relations d'amitié réciproque, fruits de leur commune origine. Du moment qu'ils se virent menacés par l'invasion normande, ils adressèrent aux Danois des demandes de secours, au nom de l'ancienne fraternité de leurs ancêtres, et de semblables sollicitations parvinrent aussi aux rois de Danemark de la part des habitants anglo-danois d'York, de Lincoln et de Norwich ^ Une foule de réfugiés saxons plaidaient la cause de leur pays auprès des peuples
1. Chron. saxon., éd. Gibson, p. 174. — Roger de Hoved. Annal., pars I, apud Ber. anglic. Script.., p. 450 et 451, éd. Savile.