LIVRE IV
Tous les trois furent tués par un certain Enisant, ioto soldat de l'armée conquérante, et « cet Enisant, dit c( la vieille tradition mise en vers, tua le prêtre et (( les deux nonnes, afin que sa sœur, qu'il amenait «avec lui, eut leur église *.»
Depuis que la conquête prospérait, ce n'était pas seulement de jeunes soldats et de vieux chefs de guerre, mais des familles entières, hommes, femmes et enfants, qui émigraient de presque tous les coins de la Gaule pour chercher fortune en Angleterre ; ce pays était devenu, pour les gens d'outre-mer, comme ces terres nouvellement découvertes que l'on va coloniser, et qui appartiennent à tout venant. «Noël et Célestrie sa femme, dit un ancien acte, « vinrent à l'armée de Guillaume le Bâtard, et reçu- « rent en don de ce même bâtard le manoir d'Elin- « ghall, avec toutes ses dépendances -. » Suivant un vieux dicton en rimes, le premier seigneur de Cognisbj, nommé Guillaume, était arrivé de basse Bretagne avec son épouse Tifaine, sa servante Maufa et son chien Hardigras ^. Il se faisait des fraternités