‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 84 sur 269 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

parés de la communion des chrétiens, suivant les 1071 formules graves et sombres par lesquelles cette séparation se prononçait K Mais le bruit de ses paroles frappa en vain les oreilles du roi normand : Guillaume avait des prêtres pour démentir les prêtres saxons, comme il avait des épées pour briser les épées saxonnes.

Lanfranc, ce religieux d'origine lombarde qu'on a vu plus haut jouer le rôle de négociateur auprès de la cour de Rome -, vivait encore en Normandie, fort renommé pour son savoir comme légiste, et toujours également chéri du pape et du nouveau roi*. Ce fut lui que les légats d'Alexandre II proposèrent pour remplacer Stigand dans l'archevêché de Canterbur j, et Guillaume approuva pleinement ce choix, espérant beaucoup de l'habileté de Lanfranc pour consolider la conquête. La reine Mathilde et les seigneurs de Normandie pressèrent vivement son départ; il fut accueilli avec joie par les Normands d'Angleterre, qui le célébraient hypocritement comme un instituteur envoyé de Dieu pour réformer les mauvaises mœurs des Anglais'*. Lanfranc fut nommé archevêque par élection du roi et de ses barons, contre l'ancienne coutume de l'Église anglo-saxonne, où les prélats étaient choisis par le corps du clergé, et les

1. ZelumDei habens, exnlavit spontaneus ab Anglia, volens oppressores vinculo excommunicatiouis innodare. (Matth. Westraonast. Flor. histor., p. 226.)

Page 1