‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 1 sur 268 · SE LA · texte numérisé non relu

SE LA

CONQUETE DE L'ANGLETEME

PAR LES NORiMANDS LIVRE IV

Depuis la bataille de Hastings jusqu'à la prise de Chester, dernière vUle conquise par les Normands.

Pendant que l'armée du roi des Anglo-Saxons et mt, l'armée de l'envahisseur étaient en présence, quelques nouveaux vaisseaux, partis de Normandie, avaient traversé le détroit pour venir rejoindre la grande flotte mouillée dans la rade de Hastings. Ceux qui les commandaient abordèrent par erreur, à plusieurs milles de distance vers le nord, dans un lieu qui portait le nom de Rumenej, aujourd'hui Romney. Les habitants de la côte accueillirent les Normands comme des ennemis, et il y eut un combat où les étrangers furent vaincus ' . Guillaume apprit leur

1. Quos illuc errore appulsos fera gens adorta prîelio cum utrius- II. I

2 CONOUÊTE DE L'ANGLETERRE

1666 défaite peu de jours après sa victoire, et, pour épargner un semblable malheur aux recrues qu'il attendait encore d'outre-mer, il résolut de s'assurer, avant tout, la possession des rivages du sud-est. Au lieu de s'avancer vers Londres, il rétrograda vers Hastings, et y demeura quelque temps, pour essayer si sa seule présence ne déterminerait pas la population de la contrée voisine à se soumettre volontairement. Mais personne ne venant pour demander la paix, le vainqueur se remit en route avec les restes de son armée et des troupes fraîches qui, dans l'intervalle, lui étaient arrivées de Normandie K

n côtoya la mer, du sud au nord, dévastant tout sur son passage ; à Romney, il vengea, par le sac de la ville, la déroute de ses soldats ^ ; de là il marcha vers Douvres, la place la plus forte de toute la côte, celle dont il avait tenté autrefois de devenir maître, sans péril et sans combat, par le serment qu'il surprit à Harold. Le fort de Douvres, récemment achevé par le fils de Godwin dans de meilleures espérances, était situé sur un rocher baigné par la mer, naturellement escarpé, et qu'on avait encore taillé de toutes parts, avec beaucoup de travail, pour le rendre uni comme un mur. Les Normands n'eurent pas besoin d'en faire le siège ; l'approche du vainqueur de

que partis maximo detrimento fuderat. (Guill, Pictav., de Gesiîs Guillelmi ducis, apud Script, rer. tiormami., p. 204.)

1. ... Cum intellexisset quod eum adiré iiDluerunt. (Chron. saxon.. Fragm. sub anno mlxvi, apud Ghss., éd. Lye, t. II, ad iinem.)

2. ... Spoliavit totum istum tractum. (Ibid.) — Romanaerium accedens, quam placuit pœiiam exegit pro clade suorum. (Guill. Pictav., de Gestis Guillelmi ducis, apud Script, rer. normann.f p. 204.)

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