LIVRE IV
Hastings, avec toute son armée, intimida tellement losa ceux qui le gardaient qu'ils demandèrent à capituler. Mais pendant que les pourparlers avait lieu à l'une des portes de la ville, les écuyers de l'armée aormande s'y précipitèrent et y mirent le feu pour !a piller; beaucoup de maisons furent détruites, et .es habitants reçurent l'ordre d'évacuer celles qui [•estaient debout '. Guillaume passa huit jours àDouirres pour y construire de nouveaux ouvrages de dépense, puis , changeant de direction dans sa route, il 3essa de longer la côte, et marcha sur la ville capitale^. L'armée normande s'avançait par la grande voie :'omaine que les Anglais nommaient Wetliuga-street, a même qui avait figuré tant de fois comme limite commune dans les partages de territoire entre les saxons et les Danois ^ Ce chemin conduisait de Douires à Londres par le milieu de la province de Kent; es envahisseurs, maîtres de la ville forte, qui était a clef du pays, ne rencontrèrent personne qui leur iisputât le passage. En avant de Canterbury, les labitants de cette métropole et tous ceux des bourgs i'oisins vinrent d'eux-mêmes demander la paix et ffrir des otages *. Ils jurèrent fidélité au duc Guil-
1. Cum tamen castellani supplices deditionem pararent, armigeri cercitus nostri, prœdse cupidine, ignem injecerunt. (GuiU. Pictav. , : GesHs Guillelmi ducis, apud Script, rer. normann., p. 204.) — . Prascipit Angligenis evacuare domos. (Widonis Carmen de Hastingx xlio; Chron. angio-norm., t. III, p. 28.)
[2. Recepto Castro, quae minus erant per dies octo addidit firmaenta... Custodiam inibiquoque relinquens... ad perdomandum quos vicit proficiscitur. (Guill. Pictav., de Gestis Guillelmi ducis, apud ript. rer. normann., p. 204.)
Voyez liv. II, passim.
I. Occurruut ultro Cantuarii haud procul a Dorera, jtirant fideli-
1066 laume, sous la condition de rester après la conquête aussi libres qu'ils l'étaient auparavant, et le duc, qui voulait assurer sa route vers Londres, leur promit par serment tout ce qu'ils demandaient. Mais en traitant ainsi pour eux seuls et en séparant leur destinée de celle de la nation, les hommes de Kent firent une chose plus nuisible à la cause commune qu'avantageuse pour eux-mêmes, et ils ne tardèrent pas à l'éprouver. La ville de Canterburj, on ignore à quel moment, fut incendiée comme celle de Douvres, et sa cathédrale, atteinte par le feu, demeura longtemps en ruine^. Pourtant, la capitulation du pays de Kent, transformée plus tard en victoire par l'imagination du peuple, donna lieu à une de ces légendes qui sont, après les grandes défaites nationales, la consolation et comme la revanche des vaincus. On raconta que Guillaume, surpris dans une embuscade, avait traité, pour sauver sa vie, avec la population en armes sous la conduite de l'archevêque Stigand et de l'abbé du principal monastère de Canterburj, et, dans le récit populaire, on joignit à cette fiction celle d'une forêt mouvante , renouvelée des vieilles traditions du Nord '.
tatem, dant obsides. (Guill. Pictav., de Gestis Guillelmi ducis, apui Script, rer. gallic et fraiicic, t. XI, p. 99.)
1 . Omnia in prîedam data sunt, et ecclesia Christi concremata esl (Grerv'asii Cantuar., de Discordiis ititer monachos cantuarienses et ba dewinum archiepiscopum , col. 1310, éd. Selden.) — Reliqua enii reliquorum tam authentica qiiam eorum exemplaria in ea combustior atque abolitione. quam ecclesia nostra ante quadrennium perpess est, penitus sunt absumpta. (Epistola Lanfranci ad Alexandrum pj pam II ; Wilkins, Concilia Magnse Britannise, p. 327.)
2. Dux autem et qui cum eo erant, nec mirum. stabant stupefaot