‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 121 sur 268 · LIVRE V ng · texte numérisé non relu

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devint moins violent et moins haineux. Les vaincus eux-mêmes eurent quelques moments de repos', les femmes anglaises craignirent moins pour leur pudeur : un grand nombre d'entre elles, qui s'étaient réfugiées dans les monastères, et avaient pris le voile comme une sauvegarde contre la brutalité des conquérants "^y commencèrent à désirôr la fin de cette retraite forcée, et voulurent rentrer dans la vie de famille.

Mais il n'était pas aussi aisé aux femmes saxonnes de quitter le cloître que d'j entrer. Les prélats normands tenaient la clef des monastères, comrre les barons normands tenaient la clef des villes; et il fallut que ces maîtres souverains des corps et des âmes des Anglais délibérassent en assemblée solennelle sur la question de laisser libres des femmes devenues religieuses à contre-cœur et par nécessité. L'archevêque Lanfranc présidait ce concile, où assistèrent tous les évêques nommés par le roi Guillaume, avec plusieurs abbés de Normandie et d'autres personnages de haut rang. L'avis du primat fut que les Anglaises qui, afin de sauver leur chasteté, avaient pris le couvent pour asile , ne devaient point être punies d'avoir obéi aux saints préceptes, et qu'il fallait ouvrir les portes des cloîtres à toutes «elles qui le demanderaient '. Cette opinion pré-

1. Seouritas aliquanta... habitatove terr£e refovebat... Civilité' Angli cum Nomiannis cohabitabant... (Orderic. Vital. Hist. eccL siast., lib. IV, apud Sript. rer. normann., p. 520.)

2. Normannorum libidinem... suo pudori metuentes, monasteria virgiuum petWere, acceptoque vélo, sese inter ipsas, a ta'ta irifamia protexere. (Ea-lmeri Ilisl. nov., p. 51, ea. Selden.)

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