‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 129 sur 268 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

G ritait *. Il avait tué beaucoup d'hommes par l'épée, to7« « et il est mort par 1 epée; et, après sa mort, l'esprit « de discorde a fait révolter son fils et son gendre « contre leur seigneur et leur parent. La race de « Guillaume, fils d'Osbern, a été déracinée de l'An,- « gleterre, tellement qu'aujourd'hui elle n'y a pas « un coin où mettre le pied**. »

La vengeance royale s'étendit sur tous ceux qui avaient assisté au banquet des noces de Norwich ; et la ville même où ce fatal banquet avait eu lieu fut frappée sans distinction et en masse '. Des vexations multipliées en ruinèrent les habitants saxons, et forcèrent un grand nombre d'entre eux à émigrer dans la province de Suffolk, aux environs de Beecles et de Halesworth. Là, trois Normands, Roger Bigot, Richard de Saint-Clair et Guillaume de Noyers, s'emparèrent de leurs personnes et en firent des serfs tributaires, bien qu'ils fussent devenus trop misérables pour être une propriété avantageuse * D'autres Saxons et les Gallois faits prisonniers les armes à la main, sur les bords de la Saverne, eurent

1. ... Recepit quod promeruit. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. IV, apud Script, rer. normann., p. 536.)

2. Guillelmi progenies eradicata sic est de Anglia, ut nec passum pedis jam nanciscatur in illa. (Ibid., p. 535.)

3. ... Quotquot nuptiis interfuerunt apud Northwic. {Chron. saxon., éd. Gibson, p. 183.)

4. De burgensibus qvii manserunt in burgo de Norwic, abienmt et manent in Beecles... xxii, et vi in Humilgar... et dimiseruut burguui... In terra Rog. Bigot l, et sub W. de Noies I, et Ricardus de Sent-Cler I. Isti fugientes et alii rémanentes omnino sunt vastati, partira propter fbrisfacturas Rodulti comitis, partira propter arsuram, partiin propter geltum régis, partira propter Walerannura. (Doraesday-book, vol. II, p. 117.)

(074 les yeux crevés et les membres mutilés, ou furent pendus à des gibets, par sentence des comtes, des prélats, des barons et des chevaliers normands, réunis à la cour du roi*.

Sur ces entrefaites, une nombreuse flotte, partie du Danemark, et conduite par l'un des fils du roi Sven, redevenu l'ami des Anglais, s'approcha de la côte orientale; mais quand les Danois apprirent ce qui se passait, ils n'osèrent engager le combat contre les Normands, et relâchèrent en Flandre ^. Ce fut Waltheof qu'on accusa de les avoir appelés par des messages : il nia cette imputation; mais la femme normande qu'il avait reçue en mariage du roi Guillaume se fit sa dénonciatrice, et porta témoignage contre lui'. Les voix de l'assemblée ou de la cour (comme on disait alors) se divisèrent sur l'arrêt à porter contre le chef saxon. Les uns votaient la mort, comme pour un Anglais révolté ; les autres la prison perpétuelle, comme pour un officier du roi *. Ces débats se prolongèrent presque une année, pendant laquelle Waltheof fut enfermé dans le fort royal de Winchester, A la fin, ses ennemis prévalurent, et dans l'une des cours qui se tenaient

1. Quosdam lurainibus jussit privari, quoslam in exilium cogi, nonmillos vero fecit patibulo suspendi. (Matth. Paris., t. I, p. 9.) — Quorum aliqui excsecati, aliqui et terra pulsi. {Chron. saxon., éd. Gibson, p. 183.)

2. Venerunt ab oriente e Denmearcia cc naves... verum non ausi praelio congredi. (Ibid.) — Matth. Paris., t. I, p. 9.

3. ... Ipsum... misais nunciis... danicam classem invitasse. (Jolian. de Fordun Scotichronicon, lib. VI, p. 510, éd. Hearne.) — Per delationem Judith uxoris suœ accusatus est. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast,, lib. IV, apud Snript. rer. normann., p. 536.)

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