LIVRE VII
de l'armée royale * : « Qu'on apporte des cordes, loss « criaient-ils, nous voulons pendre ce traître d'évê- « que avec tous ses complices. 0 roi! pourquoi le « laisses-tu ainsi se retirer sain et sauf? Il n'est pas « digne de vivre, le fourbe, le meurtrier de tant de « milliers d'hommes-.»
C'est au bruit de ces imprécations que sortit d'An- mi gleterre, pour n'y jamais rentrer, le prélat qui avait io89 béni l'armée normande à la bataille de Hastings. La guerre entre les Normands dura quelque temps encore; mais cette querelle de famille s'apaisa peu à peu, et finit par un traité entre les deux partis et les deux frères. Les domaines que les amis de Robert avaient perdus en Angleterre, pour avoir embrassé sa cause, leur furent restitués, et Robert lui-même fit l'abandon de ses prétentions à la royauté pour des propriétés territoriales^. Il fut convenu entre les deux partis que le roi, s'il survivait au duc, aurait le duché de Normandie, et que, dans le cas contraire, le duc aurait -le royaume d'Angleterre : douze hommes du côté du roi et douze du côté du duc confirmèrent ce traité par serments Ainsi se terminèrent et la guerre civile des Normands et l'alliance que cette guerre avait occasionnée entre les Anglais et le roi. Les concessions que ce dernier avait faites
1. Multitudo Anglorum quœ régi adhcerebat... vociferabatur. (Orderic. Vital. Hist, ecclesiast., lib. VIII, apud Script, rer. normann.,
2. « Torques, torques afferte et traditorem episcopum... patibulis suspendite... Cur sospitem pateris abire?... Non débet vivere perjurus homicida. » (Ibid.)