Ibid
1088 furent toutes révoquées, ses promesses démenties,
1089 et les Saxons redescendirent à leur rang de sujets et d'opprimés *.
Près de la ville de Canterbury était un ancien couvent, fondé en l'honneur du missionnaire Augustin, qui convertit les Saxons et les Angles. Là se conservaient, à un plus haut degré que dans les maisons religieuses de moindre importance, l'esprit national et le souvenir de l'ancienne liberté. Les Normands s'en aperçurent, et de bonne heure ils tentèrent de détruire cet esprit par des humiliations réitérées. Le primat Lanfranc commença par abolir l'antique privilège des moines de Saint-Augustin, qui consistait à n'être justiciables que de leur propre abbé pour la discipline ecclésiastique^. Quoique cet abbé fût alors un Normand, et, comme tel, peu suspect d'indulgence envers les hommes de l'autre race, Lanfranc lui enleva la surveillance de ses *noines pour se l'attribuer à lui-même ^; il défendit, en outre, de sonner les cloches du monastère avant que l'office eût été sonné à l'église épiscopale, sans respect, dit l'historien, pour cette maxime des saintes Écritures : Où est l'esprit de Dieu, là est la liberté*. Les moines saxons murmurèrent d'être soumis à cette gêne; et, pour montrer leur mécontentement.
1. Nihil postmodum tenuit quod promisit. (Chron. Joban. Bromton, îipud Hisl. anglic. Script., t. I, col. 934, éd. Selden.)
2. Chron. Willelmi Thorn. , apud Hist. anglic. Script., t. II, col. 1791, éd. Selden.)
3. Cum abbas prse timoré... non negaret... ad synoduin et capitulum suum omnes presbytères parocbianosque eorum venire cornpulit.(Ibid.)
4. Ne signa sua... pulsarent, nisi prius... (Lhii., col. 1792.)