‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 200 sur 268 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

ils célébrèrent les offices tard, avec négligence, et ms en commettant à plaisir des irrégularités volontai- to89 res, comme de renverser les croix et de faire la procession nu-pieds contre le cours du soleil*. « On « nous fait violence, disaient-ils, au mépris des ca- « nons de l'Église ; eh bien ! nous violerons les «canons dans le service de l'église*. » Ils prièrent le Normand, leur abbé, de transmettre de leur part une réclamation au pape; mais l'abbé, pour toute réponse, les punit comme rebelles, et ferma le cloître pour qu'aucun d'eux ne pût sortir'.

Cet homme, qui sacrifiait de si bonne grâce, par haine des Saxons, son indépendance personnelle, mourut en l'année 1088; et alors l'archevêque Lanfranc se transporta au monastère, menant avec lui un moine de Normandie , appelé Guj, très-aimé du roi *. Il somma les religieux de Saint- Augustin, au nom de l'autorité royale, de recevoir et d'installer sur-le-champ ce nouvel abbé ; mais tous répondirent qu'ils ne feraient rien^ Lanfranc, irrité de cette résistance, ordonna que ceux qui refusaient d'obéir sortissent à l'instant du couvent. Ils sortirent presque tous, et le Normand fut installé en leur

1. Inde ergo irîe, rixœ, murmurationes, exordinationes sœpissirûe... fiebant... servicium Dei fréquenter tarde et indecenter et irregulariter... exercebant. (Chron. Willelmi Thorn,, apud Hist. anglic. Script., ■. II, col. 1792, éd. Selden.)

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