‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 225 sur 268 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

une femme saxonne, et malgré le sobriquet saxon nos que lui donnaient les chefs normands, il était Normand dans le cœur. Son ministre favori, le comte de Meulan, se faisait remarquer, entre tous les autres dignitaires étrangers, par sa haine contre les indigènes *. Il est vrai que la voix populaire surnommait Mathilde la bonne reine; elle conseillait, disait-on, au roi d'aimer le peuple ; mais les faits ne révèlent aucune trace de ces conseils ni de son influence^. Voici comment la chronique saxonne du monastère de Peterborough prélude au récit des événements qui suivirent le mariage si désiré de Henri et de la nièce d'Edgar : « Ce n'est pas chose facile que de <;( raconter toutes les misères dont le pays fut « affligé, cette année, par les tributs injustes et sans « cesse renouvelés. Partout où voyagea le roi, les « gens de sa suite vexèrent le pauvre peuple, et com- « mirent en plusieurs lieux des meurtres et des in- « cendies*... » Chaque année qui succède à l'autre dans la série chronologique est marquée par la répétition des mêmes plaintes, énoncées à peu près dans les mêmes termes, et cette monotonie donne une couleur plus sombre au récit... « L'année 1103 fut tm « grandement malheureuse, à cause de la perte des

1. Prîefatus cornes nec Aiiglos diligere... (Eadmeri Hist. nov., p. 94, ei. Selden.)

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