‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 224 sur 268 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

1103 « pensaient, dit un vieil historien, que la victoire du « roi sur le comte Robert lui donnerait le moyen de « les contraindre tous à plier sous sa volonté *. » Ils vinrent en grand nombre trouver Henri, et lui demandèrent une conférence, ou, comme on s'exprimait alors en langue française, un parlement pour traiter de la paix. L'assemblée se tint dans une plaine auprès du camp rovaF. Il y avait sur le coteau voisin un corps de trois mille Anglais, qui, sachant ce dont il était question dans la conférence des chefs normands , s'agitaient beaucoup , et criaient ' : « 0 « roi Henri, ne les crois pas, ils veulent te tendre un « piège ; nous sommes là, nous t'assisterons et livrece rons l'assaut pour toi; ne fais point de paix avec le « traître, que tu ne le tiennes vif ou mort *. » Pour cette fois, les Normands ne réussirent point dans leur tentative de conciliation; le siège de Bridgenorth fut poussé vivement, et la forteresse prise ; celle de Shrewsbury le fut ensuite, et Robert de Belesme, réduit à capituler, fut déshérité et banni ^ La vanité des Anglais de race enrôlés sous la bannière royale pouvait être flattée de leurs succès militaires contre les Normands insurgés, mais la nation entière n'en retirait aucun soulagement; et, si elle se vengeait de quelques-uns de ses ennemis, c'était au profit d'un autre ennemi. Quoique le roi eût épousé

1. « Si rex magnificum comitem... subegeiùt... omnes nos ut imbelles ancillas admodo conculcabit. » (Orderic. Vital. Hist. ecclesiasl., lib. XI, apud Script, rer. normann., p. 806.)

2. In medio campo coUoqniani de pace... fecerunt. (Ibid., p. 807.^' .3. ...Adregem vociferando clamabant. (Ibid.)

4. « Domine rex... noli proditoribus istis credere... » (Ibid.)

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