Chron, saxon., éd. Gibson, p
1106 auprès du duc Robert, avec lequel il se lia d'affection, et qu'il accompagna même à la terre sainte'. Il fut ramené en Angleterre, et le roi, qui avait épousé sa nièce, lui accorda une pension modique, de laquelle il vécut, jusqu'à ses derniers jours, au fond d'une campagne, dans l'isolement et l'obscurité ^. Le duc Robert éprouva, de la part de son frère, un traitement plus rigoureux : il fut envoyé sous bonne garde au château de Cardiff, bâti sur la côte méridionale du pays de Galles , vis-à-vis de celle de Glocester, dans un lieu récemment conquis sur les Gallois. Robert, séparé de l'Angleterre par le cours de la Saverne, jouit d'abord d'une sorte de liberté; il pouvait se promener dans la campagne et les forêts voisines ; mais un jour il tenta de s'évader, et saisit un cheval; on le poursuivit, on le ramena en prison, et depuis lors il n'en sortit plus. Quelques historiens, mais du siècle suivant, assurent qu'il eut les yeux crevés par Tordre de son frère ^.
MOT Au moment de sa défaite, Robert avait un fils encore en bas âge nommé Guillaume, dont le roi Henri tâcha de s'emparer, mais qui fut sauvé et conduit en France par le zèle d'un ami de son père *. Louis, roi des Français, adopta le jeune Guillaume et le fit élever dans son hôtel ; il lui donna chevaux et
1. Ducem... quasi collactaneum fratrem diligebat. (Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. X, apud Script, rer. normann., p. 778.)
2. Pedetentim pro ignavia... contemptui haberi cœpit... miuc reraotus et tacitus, canos suos in agro consumit. (^Villelnl. Jlalmesb., de Gest. reg. angl., lib. III, apud Rer. anglic. Script., p. 103, éd. Savile.)