LIVRE VII
« seigneur roi , je te supplie de me bailler eii fief le « même office : j'ai un navire appelé la Blanche Nef, « et disposé comme il convient*. » Le roi répondit qu'il avait choisi le navire sur lequel il voulait passer, mais que, pour faire droit à la requête du fils d'Etienne, il confierait à sa conduite ses deux fils, sa fille et tout leur cortège. Le vaisseau qui devait porterie roi mit le premier à la voile par un vent du sud, au moment où le jour baissait, et le lendemain matin il aborda heureusement en Angleterre^; un peu plus tard, sur le soir, partit l'autre navire; les matelots qui le conduisaient avaient demandé du vin au départ, et les jeunes passagers leur en avaient fait distribuer avec profusion 2. Le vaisseau était manœuvré par cinquante rameurs habiles : Thomas, fils d'Etienne, tenait le gouvernail, et ils naviguaient rapidement, par un beau clair de lune, longeant la côte voisine de Barfleur *. Les matelots, animés par le vin, faisaient force de rames pour atteindre le vaisseau du roi. Trop occupés de ce désir, ils s'engagèrent imprudemment parmi des rochers à fleur d'eau dans un lieu alors appelé le Ras de Catte, aujourd'hui Ras de Catteville \ La Blanche .Yéf/ donna contre un écueil, de toute la vitesse de sa course, et s'entr'ouvrit par le flanc gauche :
1. ... Eique marcum auvi offerens ait: « ... hoc feuduru, domine rex, a te requiro, et vas quod Candida Navis appellatur. » (Oi-deric. Vital. Hist. ecclesiast., lib. XU^ apud Script, rer. normann., p. 867 et 868.)