‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 54 sur 268 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

tant avec eux les reliques de saint Cuthbert, comme un trésor national et comme leur sauvegarde contre l'ennemi, ils gagnèrent, à l'embouchure de la Tweed, l'île de Lindisfarue, qui, deux fois le jour, à la marée montante, est tout entière baignée par les eaux, et deux fois, quand la mer est basse, se trouve rejointe à la terre ferme *. La grande église de Durbam, abandonnée de son clergé, devint l'asile des Saxons blessés, malades ou pauvres qui n'avaient pas eu le moyen de s'enfuir ; ils y couchaient sur la pierre au nombre de plusieurs centaines, épuisés de misère et de faim '-.

L'armée conquérante, dont les corps détachés couvraient un espace de cent milles, traversa dans tous les sens ce territoire, pour la première fois envahi par elle, et les traces de son passage s'y imprimèrent profondément ^ De vieux historiens témoignent que, depuis l'Humber jusqu'à la Tyne, il ne resta pas une pièce de terre en culture, pas un seul village habité \ Les monastères qui avaient échappé

regem timentes, ne ipsi cura cseteris morti traderentur... {Chron, Joliaun. Bromton, col. 966, éd. Selden.)

1. Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Britann,, Ub. IX, p. 129, éd. Hearne.

2. Dunelmensis ecclesia, omni custodia et ecclesiastico servitio destituta, spelunca erat pauperum, et debilium, et segrotantiura, qui cum fugere non poterant, illuc déclinantes ùgie ac morbo deficiebant. (Simeon. Dunelin. Hist., apud Hist. anglic. Script., col. 199, éd. Selden.)

3. Spatio centum milliariorum castra ejus diffunduntur. Plerosque gladio vindice ferit, aliorum latebras evertit, terras dévastât, et domos cum rébus omnibus concremat. (Orderic. Vital. Hisl. ecclesiast., apud Hist. normann. S; ripl., p. 514.)

4. Nusquam villa inhabitata. (Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Brilann., lih. IX, p. 128, éd. Ilearue.) — Humus per sexagiuta et eo

aux ravages des païens danois, celui de Saint-Pierr« auprès de la Wear, celui de Whitby, qu'habitaient des religieuses, furent profanés et incendiés*. Au sud du cours de l'Humber, selon les mêmes narrateurs, le ravage ne fut pas moins terrible. Ils disent qu'entre York et la mer orientale, tout être vivant fut mis à mort, depuis l'homme jusqu'à la bête*, tout, excepté ceux qui se réfugièrent à Beverley, dans le monastère qui renfermait la tombe de saint Jean l'archevêque. C'était un saint de race anglosaxonne, et, à l'approche des conquérants, un grand nombre d'hommes et de femmes accoururent, avec ce qu'ils avaient de plus précieux, autour de l'église dédiée à leur bienheureux compatriote, afin que, se souvenant qu'il était né Saxon, il les protégeât, eux et leurs biens, contre la fureur de l'étranger*.

Le camp des Normands était alors à sept milles de Beverley, et le bruit s'y répandit que l'église de Saint- Jean était le refuge des riches et le dépôt des richesses du pays. Quelques éclaireurs aventureux se

amplius milliaiùa omnifariain inculta, nudum omnium solum usque ad hoc etiam tempus. (Willelm. .Malmesb. de Gest. reg. angl., lib. III, p. 103, éd. Savile.)

1. Tune etiam monasteriiim Bedœ quod est in Gii-vum super ripam "Wiri flumiuis est combustum. (Chron. JoLan. Bromton. apud Hist. anglic. Script., col. 966, éd. freUen.) — Simeon. Dunelm. Hist., apud ibid., col. 199.)

2. Ab homine usque ad pecus periit quicumque repertus est ab Eboraco usque ad mare orieiuale. (Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Britann., lib. IX;, p. 129, éd. Hearne.)

3. ... Qui ad ecclesiara gloriosi coiifessoris beatissimi Johannis archiepiscopi Beverlacum quasi ad unicum asilum confugerant. (Ibid.) — Jean, d'abord moine à Beverley, puis évèque d'Hexam, et en tin avcbevêque d'York, honoré comme saint après sa mort, arrivée en ?'21.

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