‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 53 sur 268 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

la contrée soumise, fit droit à quelques-unes de leurs loeg plaintes, modéra l'insolence de ses hommes de guerre et de ses agents, amollit par de minces concessions l'esprit faible du grand nombre, donna quelques bonnes paroles, et, en retour, se fit prêter de nouveaux serments et livrer de nouveaux otages*. Alors io7o il marcha sur York à grandes journées, avec ses meilleures troupes^. Les défenseurs de la ville apprirent en même temps l'approche de la cavalerie normande et le départ des vaisseaux danois. Tout délaissés qu'ils étaient, et déchus de leurs meilleures espérances, ils résistèrent encore, et se firent tuer par milliers sur les brèches de leurs murailles ^ Le combat fut long et la victoire chèrement achetée. Le roi Edgar se vit contraint de fuir, et ceux qui purent s'échapper comme lui gagnèrent par difi'érents chemins la contrée voisine de l'Ecosse.

Pour la seconde fois maître d'York, le conquérant ne s'y arrêta point; il fit continuer vers le nord la marche rapide de ses bataillons. Les étrangers se précipitèrent sur la terre de Northumbrie avec la frénésie de la vengeance*; ils incendièrent

1. Compescens elationem suorum Normantiorum , et sic revocatis multis Anglorum nobilibus, fœdere cantius cum omnibus confirmato... (Matth. Westmonast. Flor. histor., p. 226.)

2. Cum rex hoc resciverat, tum profectus est ille aquilonem versus cum toto exercitu quem colligere potuit. {Chron. saxon., Fragm. sub anno mlxviii, apud Gloss., éd. Lye, t. II, ad tinem.)

3. Eboracum, ubi fuit Danorum receptaculum, potenter cum ibi inrentis expugnavit, et multa millia hominum ibidem interfecit. (Matth. Westmonast. Flor. histor., p. 236.)

4. In Nordhimbriam efferato properavit animo. (Alured. Beverlac. Annal, de Gest. reg. Britann., lib. IX, p. 128^ éd. Hearne.) — Tum rex W^illelmus ingressus eam provinciam totam devastavit. {Chron, soûcon., éd. Gibson, p. 174.)

iJid les champs en culture comme les maisons, et massacrèrent les troupeaux de même que les hommes. Cette dévastation fut opérée avec une sorte d'étude et sur un plan régulier, afin que les braves du nord, trouvant leur pays inhabitable, fussent contraints de l'abandonner et de se disperser en d'autres lieux*. Ils se retirèrent, soit dans les montagnes qui tenaient leur nom de l'asile qu'y avaient jadis trouvé les Cambriens, soit à l'extrémité des côtes de l'est, dans des marécages impraticables et sur les dunes de l'Océan. Là ils se firent brigands et pirates contre l'étranger, et furent accusés, dans les proclamations du conquérant, de violer la paix publique et de se livrer à un genre de vie infâme ^. Les Normands entrèrent pour la seconde fois dans Durham, et leur sommeil n'y fut point troublé, comme l'avait été celui de Robert Comine.

Avant leur entrée dans cette ville, qui était pour eux la clef de tout le pays septentrional, l'évêque de Durham, Eghelwin, le même qui avait donné à Robert des avertissements si mal reçus, s'était réuni aux principaux habitants pour fuir ensemble et chercher un refuge aux extrémités du pays 2. Empor-

1. Jussit enim ira stimulante segetibus et pecoribus cum vasis et omni génère alimentorum repleri, et igné injecto penitiis omnia simul comburi, et sic omnem alimoniara pei- totam regionem transhumbraiiam pariter devastari. (OrJeric. Vital. Hist. ecclesiast., apud Hist. normann. Script., p. 514.)

2. Cum adbuc in sua œrumna armis atque fiiga auderent... in maritimorum prœsidiorum remotiora sese receperunt, inbonestas opes piratico latrocinio sibi contrahentes. (AVillelm. Gemet. Hist. Normann., apud Script, rer. normann., p. 290.)

3. Duuelmiensis autem episcopus Egelwinus et cseteri optimales,

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