LIVRE IV
velle habitation un souvenir de leur ville natale, lui lo^o donnèrent le nom de Meaux, et ce nom fut pendant plusieurs siècles celui d'une abbaye fondée au même lieu *. Gamel, chef des aventuriers de Meaux et possesseur du principal manoir de leur petite colonie, s'entendit avec les chefs normands qui occupaient les terres voisines pour que les limites de leurs possessions respectives fussent invariablement déterminées. Il eut plusieurs conférences ou plusieurs parlements, comme on disait alors, avec Basin, Sivard, Francon et Richard d'Estouteville. Tous, de commun accord, mesurèrent leurs portions de terre et y établirent des bornes, « afin, dit le vieux récit, « que leur postérité ne trouvât rien à débattre et « que la paix qui existait entre eux se transmît à « leurs héritiers ^. »
Le grand domaine de Pontefract, lieu où les troupes normandes avaient passé à gué la rivière d'Aire, fut le partage de Guilbert de Lacy, lequel, suivant l'exemple de presque tous les autres capitaines normands, y construisit un château fort ^. Il paraît que ce Guilbert franchit le premier, avec ses bandes, les montagnes à l'ouest d'York, et qu'il envahit la contrée voisine de Lancaster, qui formait alors une portion de la province de Chester. Toujours est-il certain qu'il s'appropria, dans cette con-
1. Post dicturn conquestum, ipsum locuiu inliabitautes, noinen de Meaux ei imposuerunt, in raemoriam suœ prisiinse civitatis. {ilondst. anglic, Dugdale, t. I, p. 792.)
2. Ex commun! consilio... tenninos inter se distinguantes, certas mensuras possessionum suarum posuerunt^ ad auferenda certamina posterorum. (Ibid., p. 794)