LIVRE IV iOl
l'indépendance. Les plus braves et les plus grands, ceux dont le nom ralliait beaucoup d'hommes, perdirent courage et se séparèrent, les uns pour retourner dans l'exil, les autres pour capituler de nouveau. Le roi Edgar, avec Merleswejn et Siward Beorn, gagna un des ports de la côte orientale et s'j embarqua pour l'Ecosse; "VValtheof, Gospatrik, Morkar et Edwin firent leur paix avec le conquérant'. Ce fut sur les bords de la Tees qu'eut lieu cette réconciliation fatale à la cause saxonne. Le roi Guillaume établit, durant quinze jours, son camp sur les rives de ce fleuve, et là il reçut les serments de Gospatrik et de Waltheof. Le premier, qui était absent et qui se soumit par message, obtint le gouvernement de la Northumbrie, vacant par la mort de Kopsi, avec le titre de comte ^.Waltheof mit sa main nue dans la main du roi, et devint comte des deux provinces de Huntingdon et de Northampton qu'il avait gouvernées sous le règne d'Edward et perdues par sa révolte contre Guillaume ^ Il épousa Judith, l'une des nièces du conquérant; mais, comme le montrera la suite de cette histoire, le lit de la femme étrangère fut plus dur pour le chef saxon que la terre nue où il avait craint de dormir en gardant sa foi à son pays *.
1. Clito autera postea proficiscebatur Scotiam. (Chron. saxon., ed Gibson, p. 174.) — Simeon. Dunelni. Hist., col. 200, ed. Selden.)