‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 89 sur 268 · LITRE V · texte numérisé non relu

LITRE V

à témoigner leur affection pour l'église de Ganter- 1071 burj, fille aînée de la papauté en Bretagne. Il établit 10-2 comme axiome que la loi devait découler d'où avait découlé la foi, et que de même que le pays de Kent était le sujet de Rome, parce qu'il en avait reçu le christianisme, par une raison semblable, le pays d'York devait être hiérarchiquement soumis à celui de Kent».

Thomas, l'archevêque normand d'York, dont une pareille politique tendait à ruiner l'indépendance personnelle, fut assez peu dévoué à la cause de la conquête pour entreprendre de s'opposer à cette nouvelle institution 2. Il pria son collègue Lanfranc de citer quelques titres authentiques à l'appui de ses prétentions. C'était une demande embarrassante : mais le Lombard l'éluda, en assurant que les actes en bonne forme et les titres ne lui manqueraient point, si, par malheur, tout n'avait péri, quatre ans auparavant, dans l'incendie de son église ^. Cette réponse évasive termina le différend, grâce à certains avertissements officiels que reçut l'adversaire indiscret du confident du roi Guillaume : car on lui signifia que si, en vue de la paix et de l'unité du royaume, il ne se résignait pas à recevoir la loi de son collègue, et à reconnaître que le siège d'York n'avait jamais été l'égal de l'autre siège métropolitain, lui et tous

1. Sicut Cantia subjicitur Romœ, quod ex ea fidem accepit, ita Eboracum subjiciatur Cantiœ. (Lanfranci Opéra, p. 378.)

2. « Eboracensis ecclesise autistes adversura me palam munnuravit, clam detraxit... calumniam suscitavit. » (Lanfranci Epist., apud Wilkins, Concilia Magnas Britannise, t. I, p. 326.)

3. In ea combustione atque abolitione quam nostra ecclesia ante quadriennium perpessa est. (Lanfranci Opera^ p. 302.)

1071 ses parents seraient bannis de l'Angleterre '. Thomas i(*72 n'insista plus, et fit son devoir de fidèle enfant de la conquête ; il renonça, entre les mains de Lanfranc, à tout le pouvoir que ses prédécesseurs avaient exercé au sud de l'Humber, et, faisant pro> fession solennelle d'obéissance et de fidélité, ne garda plus que le nom d'archevêque : car Lanfranc, sous le titre de primat, en réunit seul tous les droits *. Selon le langage des vainqueurs, il devint, par la grâce de Dieu, le père de toutes les églises, et, selon le langage des vaincus, toutes tombèrent sous son joug et furent ses tributaires ^ Il en chassa qui il voulut ; il y mit des Normands, des Français, des Lorrains, des hommes de tous pays et de toutes races, pourvu qu'ils ne fussent pas Anglais ■* ; et il est à remarquer que, dans la dépossession générale des anciens prélats de l'Angleterre, on épargna les hommes de naissance étrangère naturalisés dans le pays. Tels étaient Hermann, Guis, et Walter ou Gautier, tous

1. Propter uuitatem et pacem regni... suique et suorum oiriDium, tara de Auglia quam de Normannia, comminatus est expulsiouem. (Tbomœ Stubhs Act. pontifie, eborac, apud Hist. anglic. Script., t. Il, col. 1706, éd. Selden.)

2. Thomœ Rudborne Hist. major Winton. ; Anglia sacra , t. I , p. 253. — Ab universis Angliœ episcopis, pi-ius ab aliis sacratis pi'ofcssiones petiit et accepit. (Heurici Knyghton, de Event. angl., lib. I, apud Hist. anglic. Script., t. II, col. 2345, éd. Seldea;)

3. Dispositione divina. (Lanfranci Opéra, p. 306.) — Omnes Anglia; subjugavit ecclesias. .. et nostram tributariam effecit. (Gervas. Cantuar. Imag. de discordiis, etc., apud Hist. anglic. Script., t. II, col. 1333, éd. Selden.)

4. Tantum tune anglicos abominati sunt, ut,., multo minus habiles alienigenœ de quacumque alia natioue, quœ sub cœlo est, extitisseut, gratenter assi'mcrentur. fHisl. li^gulf. Croyland , apud Rer. anglic. Script., t. I, p. 70, éd. Gale.)

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