‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 108 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

s'isoler de toutes les deux. Chacune de ces grandes si 4 masses d'hommes, en s'ébranlant, entraîna dans sa mi cause la portion du peuple conquérant qui habitait au milieu d'elles, comme dominatrice du sol, et avec des titres de puissance et d'honneur, soit latins, soit germaniques '. Les Franks tirèrent l'épée contre les Franks, les frères contre les frères, les pères contre les fils. Trois des petit-fils de Karl le Grand se livrèrent bataille entre eux, au centre de la Gaule, l'un à la tête d'une armée de Gaulois et de Gallo Franks, l'autre suivi des Italiens, le troisième des Teutons et des Slaves2. La querelle domestique des rois issus du César frank n'était qu'un reflet de la querelle des peuples, et c'est pour cette raison même qu'elle fut si longue et si opiniâtre. Les rois firent et défirent dix partages de cet empire que les peuples voulaient dissoudre; ils se prêtèrent l'un à l'autre des serments en langue tudesque et dans la langue vulgaire qu'on appelait romane3: puis ils les rompirent aussitôt, ramenés, presque malgré eux, à la discorde, par la turbulence des masses que ne pouvait satisfaire aucun traité.

C'est au milieu de ce désordre, lorsque la guerre s*» civile régnait d'un bout à l'autre de l'immense empire s*o des Franks, que les Vikings danois ou normands (ce dernier nom prévalut en Gaule) vinrent affliger ce

1. En latin, duces, comités, judices, missi. prsefeeti, pnrpositi ; en langue teutonique, grafen, mark-grafen , land-grafen , burg-grafen ? herizogen, skepen, sensskalken, maerskalken, etc. — Voyez le Glossaire de Ducange.

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