Voyez les Lettres sur l'histoire de France, lettre XII
896 précédentes. Au milieu de ce découragement général, 898 l'archevêque de Rouen, homme prudent et ferme, prit sur lui- de sauver la ville, en capitulant avec l'ennemi avant la première attaque1. Sans s'inquiéter de la haine souvent cruelle que les païens du Nord témoignaient pour le clergé chrétien, l'archevêque se rendit au camp près de Jumiéges, et parla au chef normand avec le secours d'un interprète. Il dit et fit si bien, dit un vieux chroniqueur, tant promit et tant donna, qu'il conclut une trêve avec Rolf et ses compagnons, leur garantissant l'entrée de la ville, et recevant d'eux, en retour, l'assurance de n'y faire aucun mal2. Ce fut près de l'église de Saint-Morin, à l'un des ports de la Seine, que les Norvégiens abordèrent d'une façon toute pacifique. Ayant amarré leurs vaisseaux, tous les chefs parcoururent la ville en différents sens; ils en examinèrent avec attention les remparts, les quais, les fontaines, et, la trouvant à leur gré, ils résolurent d'en faire leur place d'armes et le chef-lieu de leur nouvel établissement3.
Après cette prise de possession, les chefs normands, avec leur principal corps de troupes, continuèrent de remonter la Seine. A l'endroit où ce fleuve reçoit
1 Frankes un archeveske, ki à Roem esteitv..
(Wace, Boman de Bou, t. I, p. 57.) — L'auteur sa trompe sur le nom de l'archevêque, qui était Gui, le prédécesseur de Frank ou Francon.