Esliz tint ne sai kels ne kanz
Des plus kuint é des miex parlanz, Ki par tuit li païz irunt, E li seremenz recbevrunt.
(Roman de Rou, t. I, p. 307.)
4. Voyez sur ce genre d'association, ses effets et son origine, les Considérations sur l'histoire de France, placées en tête des Récits des temps mérovinyicng.
« Sire, dit le comte, demeurez en paix, et laissez- 997 « moi ces paysans ; ne bougez pas, mais envoyez-moi « tout ce que vous avez de chevaliers et d'autres gens « d'armes *. »
Afin de surprendre les chefs de l'association, le 997 comte Raoul dépêcha de plusieurs côtés des espions 10»s adroits, qu'il chargea de découvrir le lieu et l'heure où se tenait l'assemblée centrale ; sur leurs rapports, il fit marcher ses troupes, et arrêta en un seul jour tous les députés des cercles inférieurs, les uns pendant qu'ils tenaient séance, les autres pendant qu'ils recevaient dans les villages le serment des affiliés2. Soit par passion, soit par calcul, le comte traita ses prisonniers avec une extrême cruauté. Sans jugement et sans la moindre enquête, il leur infligea des mutilations ou des tortures atroces. Aux uns il fit crever les yeux, à d'autres couper les pieds ou les mains; d'autres eurent les jarrets brûlés, d'autres furent empalés vifs ou arrosés de plomb fondu3. On renvoya dans leurs familles les malheureux qui survécurent, et on les promena par les villages, pour y répandre la terreur. En effet, la crainte prévalut sur l'amour de la liberté dans le cœur des paysans de Normandie ; la grande association fut rompue; il n'y eut plus