‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 13 sur 233 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

« aimés ! maudits soient les lâches dont Guorteyrn w « saivit le conseil ■ ! » 45s

En effet, la bonne intelligence ne fut pas de longue durée entre ceux qui faisaient la guerre et ceux pour qui la guerre se faisait; les premiers demandèrent bientôt plus de terres, de vivres et d'argent qu'il n'en avait été stipulé, et menacèrent de se payer eux-mêmes par le pillage et l'usurpation, si l'on refusait de les satisfaire2. Pour rendre ces menaces plus effectives, ils appelèrent à eux spontanément de nouvelles bandes d'aventuriers, soit de leur propre nation, soit des autres peuples de la ligue saxonne. L'émigration continuant toujours, les terres assignées par les Bretons cessèrent d'être suffisantes, les limites convenues furent dépassées, et bientôt s'aggloméra sur la côte du pays de Kent une nombreuse population germanique. Les indigènes, qui avaient besoin de son secours et qui la craignaient, traitaient avec elle de nation à nation. Il y eut, de part et d'autre, de fréquents messages et de nouvelles conventions conclues et aussitôt violées3. Enfin les derniers liens se rompirent : les Saxons firent alliance avec les Pietés ; ils les invitèrent par des messages à descendre en armes vers le sud, et euxmêmes, à la faveur de cette diversion, s'avancèrent de Test à l'ouest dans l'intérieur de la Bretagne,

1. Chant national des Bretons. (Àrymes Prydein vawr ; Cambrian i*egister for 1796, p. 554 et suiv.)

2. ... Et nisi profusior eis mnnificentia cumularetur, testantur se cunctainsulae, rupto fœdere, depopulaturos. (Gildse Hisloria, eap. xxili, apud Ber. anglic. Script., t. I, p. 8, éd. Gale.)

3. Arymes Prydein vdwr ; Cambrian register for 1796, p. 554 et suiv.

4w chassant devant eux la population bretonne, ou l'o-

4^> bligeant à se soumettre. Celle-ci ne leur ouvrit point

facilement passage ; une fois même elle les repoussa

jusqu'à la mer et les contraignit de se rembarquer;

mais ils revinrent plus acharnés et plus nombreux,

conquirent l'étendue de plusieurs milles de pays sur

la rive droite de la Tamise, et ne quittèrent plus

leurs conquêtes. L'un des deux frères qui les com-

455 mandaient fut tué en combattant * ; l'autre, de simple

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