‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 196 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

« qu'à ce jour, contre toute justice, attendu que tu îoes « es bâtard. Rends-moi donc le duché de Normandie « qui m'appartient, ou je te ferai la guerre à ou- « trance, avec tout ce que j'ai de forces1. »

Les historiens normands avouent que Guillaume fut effrayé de ce message, car la plus faible diversion pouvait déjouer ses projets de conquête; mais il trouva moyen de se délivrer, sans beaucoup de peine, de l'ennemi qui se déclarait avec tant de hardiesse et d'imprudence. Le Chamberlain du comte de I Bretagne, gagné sans doute à prix d'argent, frotta de poison l'intérieur du cor dont son maître se servait à la chasse, et, pour surcroît de précaution, il empoisonna de même ses gants et les rênes de son cheval2. Conan mourut peu de jours après le retour de son messager. Le comte Eudes, qui lui succéda, se garda bien de l'imiter et d'alarmer Guillaume le Bâtard sur la validité de ses droits : au contraire, se liant avec lui d'une amitié toute nouvelle entre les Bretons et les Normands, il lui envoya ses deux fils pour le servir contre les Anglais. Ces deux jeunes gens, appelés Brian et Allan, vinrent au rendez-vous des troupes normandes3 accompagnés d'un corps de chevaliers de leur pays qui leur donnaient le titre de Mactierns 4, tandis que les Normands les appelaient comtes. D'autres riches Bretons, qui n'étaient point de pure race celtique et portaient des noms à

1. "Willelm. Gemet. Hist. Normann., apud Script, rer. normann., p. 286.

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