‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 201 sur 233 · Quippe clecem decies, decies et millia quinque · texte numérisé non relu

Quippe clecem decies, decies et millia quinque

Diversis feriunt vocibus astra poli...

Clangendoque tuba reliquis ut littora linquaut Prœcipis , et pelagi tutius alta pétant.

(Widonis Carmen de Hastingae praelio; Cliron. anglonormandes , t. III, p. 4.) — Dans ce passage l'auteur exagère beaucoup la force de l'armée normande.

2. Dr Strutt's Normann. antiquities, pi. xxxil. — Roman de Rou, t. II, p. 146.— Hic Willelm dux in magno navigio mare trans ivit ; Tapisserie de Bayeux.

io66 au sommet du mât, pour voir si les autres vaisseaux venaient : « Je ne vois que le ciel et la mer, » dit le matelot, et aussitôt on jeta l'ancre '. Le duc affecta une contenance gaie, et, de peur que le souci et la crainte ne se répandissent parmi l'équipage, il fit servir un repas copieux et des vins fortement épices 2. Le matelot remonta et dit que cette fois il apercevait quatre vaisseaux ; la troisième fois, il s'écria : « Je vois une forêt de mats et de voiles 3. »

Pendant que ce grand armement se préparait en Normandie, Harold, roi de- Norvège, fidèle à ses engagements envers le Saxon Tosti, avait rassemblé deux cents vaisseaux de guerre et de transport. La flotte resta quelque temps à l'ancre, et l'armée norvégienne, attendant le signal du départ, campait sur le rivage, comme les Normands à l'embouchure de la Somme. Des impressions vagues de découragement et d'inquiétude s'y manifestèrent par les mêmes causes, mais sous des apparences plus sombres, et conformes à l'imagination rêveuse des hommes du Nord. Plusieurs soldats crurent avoir dans leur sommeil des révélations prophétiques. L'un d'eux songea qu'il voyait ses compagnons débarqués sur la côte d'Angleterre et en présence de l'armée des Anglais ; que devant le front de cette armée courait, à cheval sur un loup, une femme de taille gigan-

1. Prœter pelagus et aéra prospectai suo aliud nihil comparere indicat. (Guill. Pictav., apud Script, rer. normann., p. 198.)

2. Ne metus atque nueror comitem turbam confunderet, abundans prandium. nec bacclio pigmentato carens... (Ibid., p. 199.)

3. Tertio tan tas exclamât, ut arborum veliferarum uberrima densitas nemoris prœstet similitudinem. (Ibid.)

Page 1