‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 70 sur 233 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

les Apennins de la Bretagne méridionale, avait jus- soo que-là protégé le dernier asile des vaincus. A près de cinquante milles de distance au delà des monts vers l'ouest, Offa construisit, pour remplacer ces limites naturelles, un long rempart et une tranchée qui s'étendit, du sud au nord, depuis le cours de la Wye jusqu'aux vallons où coule la Dée1. Là fut établie pour toujours la frontière des deux races d'hommes qui, avec des partages inégaux, habitaient conjointement tout le sud de la vieille île de Prydain, depuis la Tweed jusqu'au cap de Cornouailles.

Au nord du golfe où se jette la Dée, le pays ren- 7so fermé entre les montagnes et la mer était déjà, depuis 9°° un demi-siècle, subjugué par les Angles et dépeuplé de Bretons. Les fugitifs de ces contrées avaient gagné le grand asile du pays de Galles, ou bien l'angle de terre hérissé de montagnes que baigne la mer au golfe de Solway. Dans cette dernière contrée, ils conservèrent encore longtemps une sorte de liberté sauvage , distingués de la race anglo-saxonne, dans la langue même de cette race, par le nom de Cambriens, et ce nom est resté attaché au pays qui fut leur asile2. Au delà des plaines du Galloway, dans les vallées profondes où coule la Clyde 3, de petites peuplades bretonnes qui, à la faveur des lieux, s'étaient conservées libres sous la domination des Angles, se maintinrent de même parmi les Scots et

1. En langue cambrienne, Claud Offa; en anglais, Offa' s dyke. Des vestiges de ce grand ouvrage subsistent encore aujourd'hui.

2. On l'appelle Cumberland, les Anglo-Saxons disaient Cumbra land, terre des Kymris.

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