Tything-menn, hundredarii
883 nement, tant de célébrité comme brave, et surtout 885 comme sage, qu'il est difficile de retrouver dans l'histoire les traces de la défaveur nationale dont il avait d'abord été frappé. Sans cesser de veiller au maintien de l'indépendance reconquise, Alfred trouva des heures pour ses études qu'il aimait toujours, mais sans les préférer aux hommes à qui il en destinait le fruit. Il nous reste de lui plusieurs morceaux de vers et de prose, remarquables par une certaine richesse d'imagination et ce luxe de figures qui est le caractère distinctif de l'ancienne littérature germanique l.
Alfred passa le reste de sa vie entre ces travaux et la guerre. Le serinent que lui avaient prêté les Danois de l'Est-Anglie, d'abord sur le bracelet d'Odin, 883 et ensuite sur la croix du Christ, fut violé par eux, à la première apparition d'une flotte de pirates sur leur cote. Ils saluèrent les nouveaux venus comme des frères ; l'entraînement des souvenirs et de la sympathie nationale leur fit quitter les champs qu'ils labouraient, et détacher de la muraille enfumée leur grande hache de combat, ou la massue hérissée de pointes de fer, qu'ils nommaient Y étoile du matin2. Peu de temps après, sans violer aucun traité, les Danois des rives de l'Humber descendirent vers le sud pour se joindre, avec les hommes de l'Est-Anglie, à l'armée du fameux roi de mer Hastingj qui, prenant, comme disaient les poëtes du nord, l'Océan pour de-
1. Voyez l'Histoire des Anglo-Saxons de Sharon Turner, vol. II, . 149 et suiv.