‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 97 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

et les força d'abandonner Erik, qui, à son tour, pour 946 se venger de leur désertion, vint les attaquer avec cinq chefs de corsaires du Danemark et des Orcades. Il périt dans le premier combat avec les cinq rois de mer ses alliés *. Cette fin, glorieuse pour un Scandinave, fut célébrée par les skaldes ou poëtes du nord, qui, sans tenir compte du baptême qu'Erik avait reçu chez les Anglais, le placèrent, en idée, dans un tout autre paradis que celui des chrétiens.

« J'ai fait un rêve, dit Oclin ; il m'a semblé que je « me levais avant le jour, afin de préparer le Valhalla2 « pour une réception de guerriers morts en combat- « tant.

« J'ai réveillé les héros de leur sommeil; je les ai « engagés a se lever, à garnir les bancs, à disposer « les coupes et à les remplir de vin, comme pour l'ar- « rivée d'un roi. La joie de mon cœur m'annonce de « nobles hôtes partis du monde des vivants.

« D'où vient tout ce bruit? s'écrie Braghi3; c'est « comme si des milliers d'hommes s'avançaient. La

« salle et tous les bancs retentissent comme au retour « de Balder4 dans le palais d'Odin.

« Odin répond : Tu te trompes, Braghi, toi qui sais « tant de choses ; ce bruit d'applaudissements se fait k pour le roi Erik. J'attends son arrivée dans mon « palais; qu'on se lève, qu'on aille à sa rencontre.

1. Cadit, die finiente, ipse rex Eivikus, caduntque cura eo quinque alii îeges. (Konung Haekon Adalstens Fostres saga, cap. iv ; Snorre's Ileimskringla, t. I, p. 130.)

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