‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 99 sur 233 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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suprême, appelé King ou Kining. Par degrés les 94c Anglo-Saxons introduisirent ce titre nouveau dans 955 leurs territoires du sud et de l'ouest, et en firent la qualification du magistrat à qui fut délégué le gouvernement des grandes provinces, appelées autrefois royaumes, avec la suprématie sur tous les magistrats locaux, sur les préfets des scives, scire-ge?x'fas ou scirereves; sur les préfets des villes, portreves; sur les anciens du peuple, eldcrmen. Ce dernier titre avait été, avant celui d'eorl, le nom générique des grandes magistratures anglo-saxonnes; il fut dès lors abaissé d'un degré et ne s'étendit plus qu'aux juridictions inférieures et aux dignités municipales.

Dans la révolution qui réunit l'Angleterre tout 9.^5 entière, de la Tweed au cap de Cornouaille, en un 0:5 seul et même corps politique, le pouvoir des nouveaux monarques s'accrut en force à mesure qu'il s'étendit, et devint, pour chacune des populations réunies, plus pesant que n'avait été le pouvoir de ses rois particuliers. L'association des provinces anglo-danoises aux provinces anglo-saxonnes attira nécessairement sur ces dernières quelque chose du régime sévère et ombrageux qui devait peser sur les autres, parce qu'elles étaient peuplées d'étrangers obéissant malgré eux. Les mêmes rois, exerçant à la fuis au nord le droit de conquête et au midi celui de souveraineté légale, se laissèrent bientôt entraîner à confondre ces deux caractères de leur puissance et à distingue? faiblement l'Anglo-Danois de l' Anglo-Saxon, l'étranger de l'indigène, le sujet de l'homme pleinement libre. Ces rois conçurent d'eux-mêmes une opinion exagérée; ils s'entourèrent d'une pompe jusqu'alors

955 inconnue ; ils cessèrent d'être populaires comme 975 l'étaient leurs prédécesseurs, qui, prenant le peuple pour conseiller en toutes choses1, le trouvaient toujours prêt à faire ce que lui-même avait délibéré. De 975 là naquirent pour l'Angleterre de nouvelles causes de 980 faiblesse. Toute grande qu'elle parût désormais, sous des chefs dont les titres d'honneur remplissaient plusieurs lignes2, elle était réellement moins capable de résister à un ennemi extérieur qu'au temps où, réduite à peu de provinces, mais gouvernée sans faste, elle voyait en tête de ses lois nationales ces simples mots : Moi, Alfred, roi des Saxons de l'ouest3.

Les habitants danois de l'Angleterre, soumis, non sans regret, à des rois étrangers pour eux, tournaient constamment leurs regards vers la mer, espérant que chaque brise leur amènerait des libérateurs et des chefs de leur ancienne patrie. Cette attente ne fut pas 960 longue, et, sous le règne d'Ethelred, filsd'Edgard, les descentes des hommes du nord en Bretagne, qui n'avaient jamais complètement cessé, reprirent tout à coup un caractère menaçant. Sept vaisseaux de 988 gUerre abordèrent sur le rivage de Kent et pillèrent l'ile de Thanet ; trois autres vaisseaux, se dirigeant vers le sud, ravagèrent les lieux voisins de Southampton, et des troupes de débarquement parcoururent et occupèrent, sur plusieurs points, la côte

1. Rrede, i*Oîdegifan, gersednes. — Voyez les préambules des lois anglo-saxonnes; Hickesii Thésaurus Unguarum septentrionalium, t. II, in fine, passim.

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