‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les NormandsChapitre 100 sur 233 · LIVRE II \(iï · texte numérisé non relu

LIVRE II \(iï

orientale. L'alarme se répandit jusqu'à Londres : 991 Ethelred convoqua aussitôt le grand conseil national ; 993 mais, sous ce roi nonchalant, occupé de plaisirs futiles et d'actes de dévotion beaucoup plus que de soins militaires, l'assemblée ne se composait guère que d'évêques et de courtisans, plus disposés à flatter leur prince qu'à lui donner de sages avis i . Se conformant à l'aversion du roi pour toute mesure prompte et énergique, ils crurent éloigner les Danois en leur offrant une somme équivalente au profit que ces pirates s'étaient promis de leur invasion en Angleterre.

Il existait, sous le nom d'argent danois, danegheld, 093 un impôt levé de temps en temps pour l'entretien des troupes qui gardaient les côtes contre les corsaires Scandinaves2. Ce fut cet argent qu'on proposa comme tribut aux nouveaux envahisseurs : ceux-ci n'eurent garde de refuser, et le premier payement fut de dix mille livres, qu'ils reçurent sous la condition de quitter l'Angleterre. Ils partirent en effet, mais revinrent bientôt plus nombreux, afin d'obtenir une plus forte somme. Leur flotte remonta le fleuve de l'Humberet en dévasta les deux rives. Les habitants saxons des provinces voisines accoururent en armes à leur rencontre ; mais, sur le point d'en venir aux mains, trois

1. Rex pulchre ad dormiendum factus. (Willelm. Malmesb., de Gest. reg. angl., lib. II, apud Rer. anglic. Script., p. 63, éd. Savile.

— Rex... imbellis quia imbecillis, monachum potius quam militem actione prsetendebat. (Osberni Viia S. Elphegi; Anglia sacra, t. II, p. 131.)

2. Dxne-geold, en latin danegeldum. Voyez le Glossaire de Ducange.

— Duodecim denavios ex unaquaque liida totius patriœ, ad conducendos eos qui piratarum irruptioni resistendo obviavent. (Leges Edwardi, apud Wilkins, p. 198.)

993 de leurs chefs, Danois d'origine, les trahirent et passèrent à l'ennemi. Tout ce qu'il y avait en Northumberland de Danois nouvellement convertis fît amitié et alliance avec les païens venus des bords de la Baltique1.

99 i Bientôt les vents du printemps amenèrent dans la 1002 Tamise une flotte de quatre-vingts vaisseaux conduits par deux rois, Olaf de Norvège et Swen- de Danemark, dont le second, après avoir reçu le baptême, était retourné au culte d'Odin. Ces deux rois) pour marquer par un signe leur prise de possession du pays, plantèrent une lance sur la rive et en jetèrent une autre dans le courant du fleuve. Ils marchaient à grandes journées, ditun vieux récit, <><r<>vu'-< par le fer et le feu, leurs compagnons ordinaires-. Ethelred, à qui la conscience de son impopularité faisait craindre de rassembler une armée nombreusi i \ Oo pri >pi isa encore une fois de l'argent aux ennemis, s'ils voulaient se retirer en paix. Ils demandèrent vingtquatre mille livres, que le roi leur paya sur-le-champ, satisfait de leur promesse et de la conversion d'uD chef danois, qui reçut, clans l'église de Winchester,

1. Hist. Ingulf. Croyland., apud lier, anglic. Script., t. I, p. 55, éd. Gale. — Chron. Johan. Bromton , apud Hist. angl. Scrijit., t. I, col. 879, éd. Selden. — Willelm. Malmesb., de Gest. reg. angl., lib. II, apud lier, anglic. Script., p. 69, éd. Savile.

2. Sven, sicein, siceyn, sicayn, un jeune homme. Voyez le Glossaire de Ihve.

3. ... Cum ducibus solitis Marte et Vulcano. [Chron. Johan. Bromton, apud Hist. angl. Script., t. I, col. 883, éd. Selden.) — Ce trait de poésie me paraît plus ancien que la chronique oit il se trouve.

4. ... Formidine meritorum nullum sibi tidelem metuens. (Willelm. Malmesb., de Gest. reg. angl., lib. II, apud Rer. anglic. Script., p. 69, éd. Savile.)

Page 1