‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 109 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III

d'honneur et de fidélité , et l'explique aux dépens de la vertu de Berthe dont il fait une autre Marosie, tant pour son ambition que pour le dérèglement de ses mœurs (1). Muratori accuse cette fois encore Liuthprand de médisance , et fait observer qu'à cette époque Berthe avait soixante ans. Nous devons faire remarquer, pour être juste , que Liuthprand ne dit pas que la fille de Waldrade ait attendu ses douze lustres pour se faire des fidèles. Au reste , ce dérèglement de moeurs reproché à Berthe n'est aujourd'hui mis en doute par aucun historien.

Quand on veut ramener à l'époque de la simplicité , de la franchise et des bonnes mœurs , on dit encore en Italie : Al tempo che Berta filava (au temps que Berthe filait)... Mais le simple et bon peuple ne se doute pas que, par cette expression proverbiale , il ne se fait que l'écho d'une amère ironie digne de Liuthprand (2).

(1) Berta autem , Adalberti uxor, cum Widone filio post mariti obitum non facta est minor quant vir suus potentiœ. Quam tum calliditate et muneribus, tùm hymencei exercitio dulcis , nonuitos sibi fidèles effecerat. Undè con~ tigit , ut dùm paulo post à Berengario simul cum filio ca~ peretur, et Mantuœ in custodiâ teneretur , sed firmiter tenuerit, eamque post modum de custodiâ simul cumfdio liberavit. (Liuthprand, Hist. , lib. it, cap, xv. — Muratori, T. v, p. 260, anno 919.)

(2) Bioqr. univ., publiée par MiCHAUD,art. Berthe.

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