‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 108 sur 228 · LIVRE II. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE

délivra le nouvel empereur d'un de ces hommes dont l'amitié sans lendemain et la haine plus durable sont également à redouter.

Adalbert laissa à sa femme Berthe trois enfans, Guy (1), Lambert , et la trop fameuse Hermengarde qui , peu de temps avant la mort de son père, avait épousé Adalbert, marquis d'Yvrée, veuf de Ghisla ou Giselle, fille, comme nous l'avons dit , de l'empereur Bérenger.

Il est difficile de suivre année par année l'histoire de ces temps obscurs. On ne puise qu'avec peine dans une source qui ne coule pas toujours (2). Quelquefois les événemens font défaut. Est-ce oubli ou omission de la part des historiens , ou est-ce plutôt cette heureuse lacune d'incidens qui se rencontre parfois dans les repos si rares que l'ambition et la folie des hommes accordent aux peuples ? Parfois aussi nous rencontrons dans cette histoire de violentes collisions, dont les causes et le début se cachent

(1) Selon Liuthprand, Guy,* sans doute en sa qualité de fils aîné, fut reconnu marquis de Toscane par le roi de Loin bardie.

(2) Frédégaire, continuateur de Grégoire de Tours,

* Liuihi'., Hist., lib. il, oh. xv.

F Mus ejus Wido à Jfcrcngario rcge marcliio pairis loco coiistituilur.

sous le voile mystérieux de ces temps reculés, Ainsi Liuthprand nous montre, deux ans après la mort d'Adalbert II , son jeune fils, Guy de Toscane et Berthe sa veuve , retenus prisonniers par l'empereur Bérenger à Mantoue(i)<

Pourquoi cette rupture? quels revers purent jeter en captivité le fils et la veuve du fier Adalbert de Toscane? Muratori lui-même l'ignore. La cause nous échappe , mais les suites en sont connues ; elles furent glorieuses pour Berthe. C'est un noble et imposant spectacle, en effet, que de voir cette princesse telle que nous la montrent les historiens d'Italie, puisant de nouvelles forces dans l'excès de son infortune, commandant du fond de sa prison la fidélité à ses troupes , et donnant l'exemple de la constance et du courage aux gouverneurs de ses villes de Toscane. Désespérant de réduire un pays si noblement gardé à ses maîtres absens et dans les fers , Bérenger se vit contraint , après une longue et vaine attente , de rendre la liberté à Berthe et à son fils.

La plume envenimée mais cette fois véridique de Liuthprand ternit un peu l'éclat de cette belle page historique , rare monument

(t) Année 919.

Page 1