‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 116 sur 228 · LIVRE H. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE H. CHAPITRE IV

mais Boniface donna ordre de tout massacrer impitoyablement (1).

Bérenger ayant perdu ses plus braves troupes dans ce désastre ,. se retira à Vérone. La victoire fut , du reste , si chèrement achetée par Rodolphe , que ce prince dut retourner en Bourgogne pour y recruter des renforts.

Une seconde fois l'empereur eut le tort impardonnable d'invoquer le secours des Hongrois.

Que ne brisa-t-il plutôt ce sceptre si longtemps et si glorieusement porté ! L'abandon volontaire d'une puissance dont il n'avait usé que pour assurer le repos et le bonheur de l'Italie , bienfaits qui ne lui avaient valu en retour que l'envie et l'ingratitude, aurait attiré le respect sur la retraite et les dernières années de ce noble descendant de Charlemagne ; tandis que ce fatal recours aux barbares ternit l'éclat d'une belle vie qui touchait à sa fin et servit dans le temps , sinon de justification , du moins de pré-

(1) Jam Rodulphi pcene bmnès milites fugerant, et Berengarii dato Victoria signo colligere spolia satagebant ; quum Bonifacius atque Gariardus subito ex insidiis pr opérantes, hos tanto levius quanto inopinatius sauciabant. (Liïjthprand.) Notre version diffère peu de celle deLuithprand. Muralori ajoute : Gariardo accetava chiunche se gli rendeva prigione ; Bonifazio a niuno dava quartierc. {Annal. d'It., T v, p. 293, ann. 923.)

texte à l'odieux attentat dont ce prince fut victime.

A la voix de Bérenger, un corps considérable de Hongrois conduits par Salard, leur chef, fondit de nouveau sur le nord de la Péninsule et courut mettre le siège devant Pavie (1).

Vérone elle-même fut ébranlée dans sa fidélité quand elle vit son roi confier la défense de sa cause à d'aussi indignes auxiliaires , à des païens féroces et indisciplinés , aussi redoutables comme alliés que comme ennemis- Les factieux profitent de cette faute du monarque pour porter à son comble l'exaspération des esprits ; des pensées de meurtres et de régicide finissent par se faire jour à travers les plaintes, trop fondées cette fois , des fauteurs de désordres ; et ce fut un habitant de Vérone , un noble nommé Flambert, qui se fit le lâche instrument de leur implacable haine.

La mort de l'empereur fut décidée. Flambert , dont Bérenger avait tenu le fils sur les fonts baptismaux , Flamber t osa se charger de porter le coup... Ainsi est faite la condition des hommes ! Trop souvent la main qui s'arme du poignard étreignit jadis, en signe de gratitude ,

(1) En février 924.

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