‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 129 sur 228 · LIVRE III. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE

d'où il ne rapportait que de belles promesses; gonflé par le prodigieux effet que sa venue semblait avoir produit sur les Italiens, Burcard avait quitté Milan. Le lendemain de son départ, il chevauchait sans défiance avec sa suite , sur la route à'Yvrée après avoir couché à Novarre. Mais une embuscade l'attendait à peu de distance de cette dernière ville : les fils de Berthe (1), à la tête d'un parti nombreux, tombent à l'improviste sur lui.

Burcard, attaqué d'une aussi brusque façon, cherche un moment à se défendre ; le nombre des assaillans l'accable de toutes parts ; s'étant fait jour à travers la mêlée, il s'enfuit dans la direction de Novarre de toute la rapidité de son coursier qui, excité par le pas des chevaux lancés à la poursuite de Burcard , ne sent bientôt plus la main qui cherche à le diriger. Arrivé près des remparts de Novarre, le fougueux animal tombe et roule avec son cavalier dans les fossés de la place. On y poursuit Burcard , on le presse, on l'entoure: le malheureux expire enfin percé de cent coups de lance. Ceux des gens de sa suite qui ont pu fuir comme lui , cherchent un refuge dans l'église de San Gau-

(l)FRODOARD. — MURATORI. — GlULINI.

denzio; mais on les y atteint, et ils y sont impitoyablement massacrés comme leur maître.

Rodolphe , saisi d'épouvante au récit de cet odieux forfait, suspend sa marche agressive, reprend le chemin de la Bourgogne et renonce pour jamais à l'Italie.

Hugues , pour mieux asseoir sa puissance , avait voulu s'assurer du concours de Rome. Ce fut sans doute ce qui amena ce court interrègne de quelques mois entre le départ de Rodolphe de Pavie et l'apparition de son successeur dans la Péninsule.

L'habile politique du fils de Théobald n'avait pas perdu un moment de vue le drame qui se passait dans la capitale de la chrétienté, car il ne pouvait oublier que Charlemagne , pour mieux s'emparer de la couronne de Lombardie , aussi bien que du sceptre impérial, s'était étayé sur les vœux et l'appel d'un pape.

Le monde chrétien offrait alors un étrange spectacle. Par suite de la situation que leur avaient faite la turbulence de quelques grands , les intrigues de deux femmes dissolues, et l'oubli ou le mépris chez quelques papes eux-mêmes de leur propre dignité, les pontifes romains n'étaient plus à Rome , dans ce centre de la chrétienté, que lesinstrumens sans puissance

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