‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 130 sur 228 · LIVRE III. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE Ier

et les jouets décrédités d'un conflit désordonné d'ambitions rivales. Eh bien, pendant ce temps, leur nom pour le reste du monde catholique était plus que jamais , nous le répétons, un objet de respect et un sûr moyen d'influence. Hugues l'avait bien compris : sa politique avait entrevu la possibilité de faire tourner à son profit le ressentiment secret que Jean X devait nourrir contre ceux qui , après avoir réduit son autorité à néant , le tenaient comme captif dans la capitale de la chrétienté. De loin il avait suivi toutes les intrigues de Marosie tendantes à la rendre souveraine maîtresse dans Rome. Cette femme , sous prétexte de venger le marquis Albéric, son mari , qui avait trouvé la mort dans de récentes querelles qu'elle avait allumées entre lui et le pape ? s'était emparée du môle d'Adrien, avec l'aide de ses nombreux adhérens, et dominait ainsi Rome et le pontife. Pour mieux assurer sa puissance usurpée, elle venait de proposer à Guy, fils de Rerthe, de l'épouser et de lui porter Rome pour dot , offre honteuse et hardie s'il en fût jamais (1), mais moins étrange toutefois que l'adhésion qu'elle rencontra à la cour de Toscane.

(1) Guy et Marosie étaient l'un le fils, l'autre la fille d'Adalbert de Toscane, mais n'avaient pas la même mère. ( Liuthpband. — Muratori et autres.)

Dans ces momens de détresse et de dernier dénûment où se trouvait réduit le Saint- Siège, Hugues eut l'habileté de se faire secrètement représenter au pape comme un sauveur; et il se montra prêt à s'armer, en faveur du pontife, contre ce même Guy, son frère utérin , qui, séduit par les habiles manœuvres de sa sœur Hermengarde , avait fait , comme nous l'avons vu, lâchement couler pour la cause de Hugues le sang de Burcard !

C'était l'âge d'or et tous ses bienfaits que promettait à l'Italie le marquis de Provence. Et il n'y eut qu'une voix dans tout le clergé italien, secrètement influencé par le pape , et chez tous les princes de la Péninsule entraînés par Hermengarde , pour l'appeler au trône de Lombardie. Tous accoururent à Pise; et des cris d'enthousiasme accueillirent sur le rivage , lors de son débarquement, ce futur réparateur de tant de maux. Là vinrent aussi les ambassadeurs de Jean X, pour l'inviter, au nom de toute l'Italie, à accepter cette couronne, objet depuis si longtemps de sa secrète et ardente convoitise.

De la capitale de la Toscane (1) Hugues se rend à Pavie où on le proclame roi , et va se

(1 ) Pisa quœ est Tusciœ provincia eapai. (Liuthprand. )

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