‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 142 sur 228 · LIVRE 1U. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 1U. — CHAPITRE

étrangers. On lui retire le pouvoir que Ton confie à Albéric , dans cette même capitale qui jadis resplendissait si fière de l'éclat des pontificats des Adrien , des Léon et des Nicolas Ier. Il est vrai qu'en ce moment la tiare des papes pesait sur le front d'un enfant. . . Albéric eut hâte de jeter sa mère dans une étroite prison ; et il entoura Jean Xï d'une si rigoureuse tutelle \ que ce jeune pontife ne fut plus que le faible et misérable instrument de la despotique volonté de son frère.

L'absence de Hugues avait enhardi les conspirateurs en Lombardie. Fidèles à cette versatilité que l'on retrouve dans tous les actes des Italiens de cette époque, les conjurés avaient tourné de nouveau leurs vues vers Rodolphe de Bourgogne dont s'était déjà jouée leur inconstance. Hugues \ pour empêcher le retour de ce prince , se hâte de lui abandonner quelques contrées qu'il possède en Provence (1). Délivré de ce dangereux compétiteur, justice faite des hommes qui s'étaient le plus imprudemment prononcés contre son autorité en Lombardie , le cœur toujours plus gonflé de l'affront qu'on lui a fait subir à Rome, Hugues rassemble une ar-

(1) GtLLINl. — ANQUETIL.

mée nombreuse et marche contre cette ville à qui sa fureur réserve un châtiment proportionné à la grandeur de l'offense reçue. Mais Albéric, qu'entoure et encourage l'enthousiasme des Romains, attend sa venue sans s'émouvoir.

Le roi de Lombardie attaque vivement les remparts de la capitale de la chrétienté ; les assiégés font bonne contenance ; chaque jour un assaut nouveau provoque de la part des habitans la résistance la plus vigoureuse. Hugues, de plus en plus irrité de voir l'inutilité de ses efforts contre les murs de la grande cité, ravage, digne émule des Hongrois et des Maures , la campagne romaine. Enfin sa rage , qui n'a pu obtenir d'autre triomphe que la dévastation d'un territoire sans défense et le carnage de populations inoffensives, va se cacher, honteuse et sanglante, au fond du splendide palais (1) que son orgueil vient de faire élever à Pavie.

Mais dans cette capitale se tramaient sourdement de nouveaux complots contre son autorité (2). Il apprend à son retour que des offres ont été faites par des seigneurs lombards à Henril'Oiseleur, roi des Germains, de lui livrer le trône de Lombardie. Hugues, depuis long-temps,

(1) Mukatori, Antiq. italic, dissert. 31.

(2) LlUTHPRAND.

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